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Une anecdote rachildienne

Dans les salons

Une anecdote, une simple anecdote qui met en scène trois femmes de lettres. Est-elle vraie ? Est-elle fausse ? Elle est peut-être vraie. Elle est sans doute fausse. Elle provient d'une revue humoristique et sarcastique : Le Merle.. (oui avec seulement deux points de suspension, pas trois). La revue est rédigée en chef par Eugène Merle et administrée par Marcel Chartrain. L'anecdote est parue dans le numéro 9, du samedi 2 juin 1928. Elle n'est pas signée. Voici ce qu'elle dit :

Sans excuse

Mme Lucie Delarue-Mardrus admire infiniment Mme Aurel. Elle le dit. Elle ne perd pas une occasion de la dire. Dernièrement, quand les amis d'Aurel lui offrirent le volume panégyriste que l'on sait, Mme Lucie Delarue-Mardrus assurait sur tous les tons qu'Aurel était une sorte de génie. Elle avait seulement le tort de le faire chez Mme Rachilde qui, elle, n'aime pas Aurel. Pourquoi ? Aurel a un salon et Rachilde Aussi. Peut-être est-ce là la seule raison. Quoi qu'il en soit, les éloges de Lucie Delarue-Mardrus l'impatientèrent. Elle l'interpella :

— Dites-donc, ma chère Delarue-Mardrus, combien Aurel vous paie-t-elle pour dire ça ?

— Mais elle ne me paie pas du tout, s’indigna Lucie Delarue-Mardrus.

— Dans ce cas, vous êtes sans excuse, jeta froidement Rachilde.


Date de création : 30/04/2025 @ 14:06
Dernière modification : 30/04/2025 @ 14:06
Catégorie : Fin-de-Siècle
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