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Fourneau et Fornax

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est un éditeur artisan établi en Champagne (dans le petit village de Bannes)
qui a aussi eu pendant 26 ans un atelier en Île de France (dans le petit village de Paris),
mais ne l'a plus.
L'atelier de Bannes.
pour passer le temps…
On prévoit des choses, on prévoit… et Bam ! Bing ! Boum ! y’a un truc qui vous en empêche. Les choses et les trucs, avec moi, n’ont jamais fait bon ménage. J’avais prévu de vous faire un joli billet technique pour vous faire la nique avec la tech (ancienne)… mais la tech (nouvelle) n’a pas vu tout ça d’un bon œil, ni d’une bonne oreille [la tech (moderne) ne s’intéresse qu’à l’œil et à l’oreille, le reste elle s’en fout… pour l’instant]. La tech (moderne), s’est dit, dans son crâne de tech plein de 1 et de 0 : « Tiens, je suis sûre qu’il va encore nous déblatérer des phrases et des phrases sur une machine qui date d’avant la création de l’univers, ou d’une technique à la mords-moi les ronds de chapeaux pour les transformer en donuts (c’est la mode d’ingurgiter de l’innommable sous prétexte qu’il y a du vide au milieu)… moi, j’en ai marre ! Je vais z’y faire une bonne blague, à c’t’olibrius. » Et elle a fait exprès de planter mon ordurateur pour pas que je passe mon billet. Plantage toute la matinée sous prétexte de mise à jour… qui ne s’est pas faite parce qu’elle n’avait pas la place pour bouger les coudes, ni pour manier le marteau-piqueur, ni pour tourner le cruciforme à manche nickelé dont elle se sert comme un pied pour visser dans le sens de la vie, rien que pour voir l’effet que ça fait sur moi. Elle sait maintenant : ça m’énerve.
Donc, moi, plus le temps de faire mon beau billet tout neuf, tiré à ma boîte à billets neufs dans mon crâne, à l’aide de ma carte à puce pour boîte à billets neufs insérée par l’oreille avec le code idoine ; un billet plein de belles informations vérifiées, aux sources incontestables, aux photos imparables et incomparables faites spécialement pour, aux belles phrases qui s’enchaînent à la perfection et qui égrainent leur savoir comme dans une boîte à musique bien huilée, en bois précieux qui, dès qu’on en soulève le couvercle, vous fredonne le standard cinématographico-musical Hello, le soleil brille, brille, brille ! Enfin, vous voyez le topo !…
Je vais faire dans le simple, dans le rapide, dans le concret, dans le visuel, puisqu’y a que ça qui marche, avec le sonore. Foin du tactile, basta de l’olfactif, quant au gustatif, on vous donne exceptionnellement le droit d’entr’ouvrir la bouche pour suçaraquer votre souris ou votre pad, vous verrez, c’est pas terrible. Tiens, ça me donne une idée. Une idée à refourguer à nos gentils fabriquants d’ordurateurs : les faire fabriquer dans des matériaux comestibles bourrés de merveilleux parfums synthétisés à partir de nos déchets. On boufferait nos ordurateurs avec joie ; alors ils en vendraient encore plus, et on pourrait les enterrer dans un linceul encore plus plein de beaux billets de banque pour que ça soit plus confortable, des billets qui n’ont rien à voir avec les miens, qui valent beaucoup moins, cela dit en passant. Je vais faire dans le simple, ai-je dit, je vais parler des couleurs. C’est bête comme chou, les couleurs, sauf pour les aveugles, bien sûr, qui doivent faire preuve d’imagination. Mais c’est bien l’imagination…
Je vais vous parler des couleurs, mais pas de n’importe quelles couleurs. Pas les couleurs des drapeaux. Moi, les couleurs des drapeaus, c’est pas mon truc. Je m’en fous un peu des drapaults et de leurs couleurs. Je m’en fous surtout des drapaux. Même que ça sert à rien les drapeaults. Simplement à bouger dans le vent quand il y a du vent, mais du vent, y’en a pas toujours, alors ils pendant lamentablement parce qu’ils ne savent pas quoi faire d’autre quand il n’y a pas de vent, celui de l’histoire ou un autre, peu importe. Si seulement on s’en servait, des drapôs, pour sécher les larmes des enfants, ou les moucher quand on leur apprend que leur papa ou leur maman sont morts pour la patrie ou toute autre raison plus ou moins stupide de cet ordre ou de ce désordre, si seulement on s’en servait pour ça, rien que pour ça… ils commenceraient à être un peu utiles, les drapaus. Mais même pas…
Donc, je ne vais pas vous parler des couleurs des drapots. Je vais vous parler des couleurs de la Nature. Passe que l’être le plus intelligent et le plus important sur cette planète, c’est bien la Nature. C’est incontestable, j’espère que c’est incontesté. Bien sûr, c’est pas la Nature qui a inventé les couleurs. C’est le cerveau de l’œil, tout le monde sait ça. Le cerveau de l’œil, il fabrique les couleurs à partir de ce qu’il voit. Il voit des longueurs d’onde, et pof ! il fabrique des couleurs. Il voit une longueur d’onde de 520 nm et pof ! il fabrique du vert. Comme ça, instantanément. Il est très fort, le cerveau de l’œil. La Nature, elle est très forte aussi, parce qu’elle sait fabriquer plein de choses avec pas beaucoup de matière première. Surtout en les combinant. Elle combine, elle combine tout le temps. Parfois elle réussit, parfois ça rate, comme avec nous, les bipèdes. Mais elle se décourage pas, la Nature. Elle continue à combiner. Elle s’en lasse pas…
Arrivé ici, j’en ai un peu marre de causer. Je pourrais continuer, mais j’en ai un peu marre. Vraiment. Alors, je vais vous passer des images. Vous aimez les images, j’en suis sûr. Tout le monde aime les images. Et comme vous faites partie du groupe Tout le monde, vous aimez forcément les images. En voilà, les longueurs d’onde autour de 520 nm y sont omniprésentes :

Bien sûr, il y a la terre, mais il y a aussi l’eau, alors on s’en débarrasse, pour commencer. Le bleu-gris de l’eau de mer à écume blanche sous le blanc et bleu layette du ciel.

Les rayures vert tendre et marron du champ de Marcel devant le vert émeraude des arbres.

Le brun roux des feuilles d’automne derrière le vert persistant d’un réfractaire en fleur.

Le rouge des pommes caché dans le vert des feuilles.

Le mauve pâle, presque blanc des fleurs de lin perchées sur leurs longues tiges vertes et droites.

Le mauve des fleurs de lin tranche sur le vert herbeux des tiges.

Le rouge intense des coquelicots coincé entre le vert de l’herbe et le bleu et blanc du ciel.

Le rouge du coquelicot trouve sa complémentaire dans le vert de sa tige, merveilleux arrangement.

Le blanc pur des fleurs de pavot somnifère qui nous tournent le dos pour mieux dormir.

Le rouge carmin des feuilles du prunus éclairées par le soleil.

Le noir des arbres aux fruits corvidés sous un ciel gris d’automne finissant.

Le vert et jaune des champs sous le bleu et blanc du ciel.

Le givre blanchissant du paysage dans une brume opacifiante.

Le rouge du fruit ovale percé des aiguilles blanches et pointues du givre.

Le double arc en ciel dans le gris de l’orage convainc le champ vert fluo de se transformer en flèche.

Le pinceau lumineux de la base de l’arc en ciel repeint le paysage du violet au rouge pour oublier le gris du ciel.

Le rose et blanc des fleurs de pommier vient égayer le vert et brun des branches.

Le vert du blé en herbe et le jaune du colza en fleur permettent à l’arbre éloigné de marquer sa place sous le ciel blanc de nuages.

Les trois chevaux blancs broutent des boutons d’or devant une frondaison émeraude.

Les pavots en fleurs tapissent de blanc jusqu’à l’horizon.

Les branches nues et noires se sont habillées de glace transparente pour combattre le froid.

Les bourgeons à peine éclos se sont revêtus d’une armure de glace qui cache mal le marron de leur naissance.

Les fleurs blanches au cœur jaune des pommes de terre sèment de pois clairs le vert de la robe du champ.

Le vert tendre du blé qui n’a pas commencé à mûrir, ponctué de trois gouttelettes de sang coqueliquesques.

Le jaune grisâtre du blé qui ne demande qu’à être moissonné.

Le jaune d’or du tournesol au cœur brun qui se tourne vers nous pour fêter le soleil.

Les timides jeunes tournesols n’osent pas montrer le jaune leurs pétales au passant qui les observe et veulent se fondre dans le vert du feuillage.

Le rouge des prunes du prunier aux feuilles rouges, un joli camaïeu.

Les prunes jaunes du prunier à feuilles vertes, rondes comme des billes et chauffées par le soleil.

Le jaune du colza s’est assombri de gris sous le ciel orageux.

Une symphonie de verts : le vert-jaune de la vigne, le vert cru de l’herbe, le vert émeraude du blé en herbe, le vert diffus des champs à l’horizon ponctués du jaune du colza sous le bleu-gris du ciel.

Et c’est le vert, encore le vert, toujours le vert qui cherche presque à colorer de vert le gris du ciel.

La journée se termine. Le champ tente de garder sa chaleur sous sa couverture d’ombre, le ciel bleu blanchit, rosit, jaunit, se teinte d’orange pour oublier que dans quelques instants il noircira pour faire la part belle à la lune, toute petite, là-haut, que l’on distingue à peine.

Le noir est arrivé. La lune, pleine, ronde, blanche, éclaire d’une lueur fantômatique l’arbre nu au squelette inquiétant.
Voilà. Comme quoi, même si ça compte pour beaucoup, y’a pas que la typo dans la vie…
pour passer le temps…
On prévoit des choses, on prévoit… et Bam ! Bing ! Boum ! y’a un truc qui vous en empêche. Les choses et les trucs, avec moi, n’ont jamais fait bon ménage. J’avais prévu de vous faire un joli billet technique pour vous faire la nique avec la tech (ancienne)… mais la tech (nouvelle) n’a pas vu tout ça d’un bon œil, ni d’une bonne oreille [la tech (moderne) ne s’intéresse qu’à l’œil et à l’oreille, le reste elle s’en fout… pour l’instant]. La tech (moderne), s’est dit, dans son crâne de tech plein de 1 et de 0 : « Tiens, je suis sûre qu’il va encore nous déblatérer des phrases et des phrases sur une machine qui date d’avant la création de l’univers, ou d’une technique à la mords-moi les ronds de chapeaux pour les transformer en donuts (c’est la mode d’ingurgiter de l’innommable sous prétexte qu’il y a du vide au milieu)… moi, j’en ai marre ! Je vais z’y faire une bonne blague, à c’t’olibrius. » Et elle a fait exprès de planter mon ordurateur pour pas que je passe mon billet. Plantage toute la matinée sous prétexte de mise à jour… qui ne s’est pas faite parce qu’elle n’avait pas la place pour bouger les coudes, ni pour manier le marteau-piqueur, ni pour tourner le cruciforme à manche nickelé dont elle se sert comme un pied pour visser dans le sens de la vie, rien que pour voir l’effet que ça fait sur moi. Elle sait maintenant : ça m’énerve.
Donc, moi, plus le temps de faire mon beau billet tout neuf, tiré à ma boîte à billets neufs dans mon crâne, à l’aide de ma carte à puce pour boîte à billets neufs insérée par l’oreille avec le code idoine ; un billet plein de belles informations vérifiées, aux sources incontestables, aux photos imparables et incomparables faites spécialement pour, aux belles phrases qui s’enchaînent à la perfection et qui égrainent leur savoir comme dans une boîte à musique bien huilée, en bois précieux qui, dès qu’on en soulève le couvercle, vous fredonne le standard cinématographico-musical Hello, le soleil brille, brille, brille ! Enfin, vous voyez le topo !…
Je vais faire dans le simple, dans le rapide, dans le concret, dans le visuel, puisqu’y a que ça qui marche, avec le sonore. Foin du tactile, basta de l’olfactif, quant au gustatif, on vous donne exceptionnellement le droit d’entr’ouvrir la bouche pour suçaraquer votre souris ou votre pad, vous verrez, c’est pas terrible. Tiens, ça me donne une idée. Une idée à refourguer à nos gentils fabriquants d’ordurateurs : les faire fabriquer dans des matériaux comestibles bourrés de merveilleux parfums synthétisés à partir de nos déchets. On boufferait nos ordurateurs avec joie ; alors ils en vendraient encore plus, et on pourrait les enterrer dans un linceul encore plus plein de beaux billets de banque pour que ça soit plus confortable, des billets qui n’ont rien à voir avec les miens, qui valent beaucoup moins, cela dit en passant. Je vais faire dans le simple, ai-je dit, je vais parler des couleurs. C’est bête comme chou, les couleurs, sauf pour les aveugles, bien sûr, qui doivent faire preuve d’imagination. Mais c’est bien l’imagination…
Je vais vous parler des couleurs, mais pas de n’importe quelles couleurs. Pas les couleurs des drapeaux. Moi, les couleurs des drapeaus, c’est pas mon truc. Je m’en fous un peu des drapaults et de leurs couleurs. Je m’en fous surtout des drapaux. Même que ça sert à rien les drapeaults. Simplement à bouger dans le vent quand il y a du vent, mais du vent, y’en a pas toujours, alors ils pendant lamentablement parce qu’ils ne savent pas quoi faire d’autre quand il n’y a pas de vent, celui de l’histoire ou un autre, peu importe. Si seulement on s’en servait, des drapôs, pour sécher les larmes des enfants, ou les moucher quand on leur apprend que leur papa ou leur maman sont morts pour la patrie ou toute autre raison plus ou moins stupide de cet ordre ou de ce désordre, si seulement on s’en servait pour ça, rien que pour ça… ils commenceraient à être un peu utiles, les drapaus. Mais même pas…
Donc, je ne vais pas vous parler des couleurs des drapots. Je vais vous parler des couleurs de la Nature. Passe que l’être le plus intelligent et le plus important sur cette planète, c’est bien la Nature. C’est incontestable, j’espère que c’est incontesté. Bien sûr, c’est pas la Nature qui a inventé les couleurs. C’est le cerveau de l’œil, tout le monde sait ça. Le cerveau de l’œil, il fabrique les couleurs à partir de ce qu’il voit. Il voit des longueurs d’onde, et pof ! il fabrique des couleurs. Il voit une longueur d’onde de 520 nm et pof ! il fabrique du vert. Comme ça, instantanément. Il est très fort, le cerveau de l’œil. La Nature, elle est très forte aussi, parce qu’elle sait fabriquer plein de choses avec pas beaucoup de matière première. Surtout en les combinant. Elle combine, elle combine tout le temps. Parfois elle réussit, parfois ça rate, comme avec nous, les bipèdes. Mais elle se décourage pas, la Nature. Elle continue à combiner. Elle s’en lasse pas…
Arrivé ici, j’en ai un peu marre de causer. Je pourrais continuer, mais j’en ai un peu marre. Vraiment. Alors, je vais vous passer des images. Vous aimez les images, j’en suis sûr. Tout le monde aime les images. Et comme vous faites partie du groupe Tout le monde, vous aimez forcément les images. En voilà, les longueurs d’onde autour de 520 nm y sont omniprésentes :

Bien sûr, il y a la terre, mais il y a aussi l’eau, alors on s’en débarrasse, pour commencer. Le bleu-gris de l’eau de mer à écume blanche sous le blanc et bleu layette du ciel.

Les rayures vert tendre et marron du champ de Marcel devant le vert émeraude des arbres.

Le brun roux des feuilles d’automne derrière le vert persistant d’un réfractaire en fleur.

Le rouge des pommes caché dans le vert des feuilles.

Le mauve pâle, presque blanc des fleurs de lin perchées sur leurs longues tiges vertes et droites.

Le mauve des fleurs de lin tranche sur le vert herbeux des tiges.

Le rouge intense des coquelicots coincé entre le vert de l’herbe et le bleu et blanc du ciel.

Le rouge du coquelicot trouve sa complémentaire dans le vert de sa tige, merveilleux arrangement.

Le blanc pur des fleurs de pavot somnifère qui nous tournent le dos pour mieux dormir.

Le rouge carmin des feuilles du prunus éclairées par le soleil.

Le noir des arbres aux fruits corvidés sous un ciel gris d’automne finissant.

Le vert et jaune des champs sous le bleu et blanc du ciel.

Le givre blanchissant du paysage dans une brume opacifiante.

Le rouge du fruit ovale percé des aiguilles blanches et pointues du givre.

Le double arc en ciel dans le gris de l’orage convainc le champ vert fluo de se transformer en flèche.

Le pinceau lumineux de la base de l’arc en ciel repeint le paysage du violet au rouge pour oublier le gris du ciel.

Le rose et blanc des fleurs de pommier vient égayer le vert et brun des branches.

Le vert du blé en herbe et le jaune du colza en fleur permettent à l’arbre éloigné de marquer sa place sous le ciel blanc de nuages.

Les trois chevaux blancs broutent des boutons d’or devant une frondaison émeraude.

Les pavots en fleurs tapissent de blanc jusqu’à l’horizon.

Les branches nues et noires se sont habillées de glace transparente pour combattre le froid.

Les bourgeons à peine éclos se sont revêtus d’une armure de glace qui cache mal le marron de leur naissance.

Les fleurs blanches au cœur jaune des pommes de terre sèment de pois clairs le vert de la robe du champ.

Le vert tendre du blé qui n’a pas commencé à mûrir, ponctué de trois gouttelettes de sang coqueliquesques.

Le jaune grisâtre du blé qui ne demande qu’à être moissonné.

Le jaune d’or du tournesol au cœur brun qui se tourne vers nous pour fêter le soleil.

Les timides jeunes tournesols n’osent pas montrer le jaune leurs pétales au passant qui les observe et veulent se fondre dans le vert du feuillage.

Le rouge des prunes du prunier aux feuilles rouges, un joli camaïeu.

Les prunes jaunes du prunier à feuilles vertes, rondes comme des billes et chauffées par le soleil.

Le jaune du colza s’est assombri de gris sous le ciel orageux.

Une symphonie de verts : le vert-jaune de la vigne, le vert cru de l’herbe, le vert émeraude du blé en herbe, le vert diffus des champs à l’horizon ponctués du jaune du colza sous le bleu-gris du ciel.

Et c’est le vert, encore le vert, toujours le vert qui cherche presque à colorer de vert le gris du ciel.

La journée se termine. Le champ tente de garder sa chaleur sous sa couverture d’ombre, le ciel bleu blanchit, rosit, jaunit, se teinte d’orange pour oublier que dans quelques instants il noircira pour faire la part belle à la lune, toute petite, là-haut, que l’on distingue à peine.

Le noir est arrivé. La lune, pleine, ronde, blanche, éclaire d’une lueur fantômatique l’arbre nu au squelette inquiétant.
Voilà. Comme quoi, même si ça compte pour beaucoup, y’a pas que la typo dans la vie…
(et très oublié)
procédé d’impression
Panchroma Procédé 136
Voici quelques jours, c’était la Fête de la musique, alors ça m’a donné l’idée de ce billet. On aime la musique ou on ne l’aime pas, enfin disons plutôt, on apprécie d’écouter de la musique ou on ne la supporte pas. Personnellement je la supporte assez bien mais je ne la recherche pas plus que cela. Ce qui ne m’empêche pas d’avoir des disques 78 tours (et le gramophone qui va avec), des disques vinyles et des CD, et les outils qui vont avec. Je peux donc m’emmusiquer les oreilles quand je le veux. Mais je ne suis pas un spécialiste. Je ne saurais pas faire la différence, à l’audition les yeux bandés, entre un enregistrement vinyle et un enregistrement CD du même morceau par les mêmes interprètes. C’est comme ça. On n’est pas parfait. Moi, ma spécialité, c’est les procédés d’impression. Et justement, je vais vous parler d’un procédé d’impression plutôt curieux qu’on ne retrouve (à ma connaissance) que sur des pochettes de vinyles. Le Procédé 136 (c’est son nom), Panchroma (c’est son prénom).
De quoi il retourne ? Comment expliquer ? En gros, c’est un procédé un peu comme le pochoir (mais ce n’en est pas) qui consiste à colorier une image en noir, imprimée dans un procédé classique, en l’occurence ici, de l’offset, à l’aide de couleurs transparentes, comme des sortes de gels, qui créent un relief. Ce procédé d’origine française (pour une fois) qui date des années 1950 a sûrement été à l’origine d’un dépôt de brevet mais les archives en ligne de l’INPI ne descendent pas — ou pas encore — à une date aussi proche de nous, donc impasse pour trouver des détails au sujet de son fonctionnement. On ne peut qu’être réduit à des hypothèses qui selon toute probabilité pourraient se retrouver fausses… Alors on va éviter d’en faire, et de se la péter et disant des trucs genre : « Moi, je sais, ça se fait comme ça ! » en bombant le torse. Pas envie qu’on me rabatte mon caquet et qu’on le piétine sauvagement quand il est à terre.
Le Procédé 136 n’a été pratiqué que par une seule imprimerie parisienne, l’imprimerie J. Marx et Compagnie, sise au 4, impasse de la Félicité dans le 15e arrondissement. C’est donc J. Marx (ou la personne qui se cache derrière ce nom de société) qui en est l’inventeur et le praticien. Elle s’est spécialisée dans l’impression de pochettes de disques. Peut-être imprime-t-elle autre chose mais nous n’en avons pas trace. L’imprimerie J. Marx cesse ses activités en décembre 1959. Elle est reprise dès janvier 1960, à la même adresse, par Jean Colombet qui pratique à son tour le Procédé 136. L’imprimerie fermera définitivement ses portes le 25 décembre 1984.
Quelques exemples maintenant pour illustrer le propos. On va le voir, c’est assez kitsch.

On commence par le moins spectaculaire. Une pochette dont on a trouvé l’image sur le Net. Ici la face avant.

La face arrière.
— On passe maintenant à notre collection particulière.

Quand je parlais de kitsch à l’instant, on en voit un petit exemple ici. Une impression offset en noir et argent, avec les 6 couleurs « gel » du Procédé 136 par dessus. Un vinyle de 25 cm.

C’est au verso que l’on trouve l’indication de l’imprimeur, et du procédé.

Agrandissement de la signature de l’imprimeur.

Détail en prise de vue rasante.

Jazz Sebastien Bach par les Swingle singers. Seuls les petits rectangles sont en Procédé 136. Vinyle de 30 cm.

Jazz Sebastien Bach par les Swingle singers. Le verso de la pochette.

Jazz Sebastien Bach par les Swingle singers. Agrandissement de la signature de l’imprimeur, version 1.

Jazz Sebastien Bach par les Swingle singers. Agrandissement de la signature de l’imprimeur, version 2. On a affaire ici à deux éditions différentes de la pochette. L’une collection personnelle, l’autre trouvée sur le Net.

Jazz Sebastien Bach par les Swingle singers. Détail en prise de vue rasante.

8 valses de Strauss. Collection personnelle. Vinyle de 25 cm.

8 valses de Strauss. Trouvé sur le Net. On s’aperçoit aisément, aux couleurs qui ne sont pas identiques, qu’on a affaire à deux éditions différentes de la pochette. On constate aussi que les ajouts au procédé 136 ont exactement la même forme, ce qui veut dire que les « matrices » du Procédé 136 créées pour la première édition ont été conservées pour des éditions suivantes. Mais on ne sait pas pour autant de quelle nature sont ces « matrices ».

8 valses de Strauss. Collection personnelle. Le verso de la pochette.

8 valses de Strauss. Le verso de la pochette de l’exemplaire du Net. On constate qu’on a bien affaire à deux éditions différentes.

8 valses de Strauss. Agrandissement de la signature de l’imprimeur.

8 valses de Strauss. Détail en prise de vue rasante.

8 valses de Strauss. Détail en prise de vue rasante.

8 valses de Strauss. Détail en prise de vue rasante.

12 valses de Strauss. Réédition du vinyle des valses de Strauss, avec quatre valses supplémentaires. Le disque n’est plus un 25 cm mais un 30 cm. Les « matrices » Procédé 136 de cette version 30 cm sont évidemment différentes de celles de la version 25 cm.

12 valses de Strauss. C’est Colombet qui a imprimé cette version augmentée des valses de Strauss. Signe qu’il n’y avait pas solution de continuité entre les deux imprimeurs.
Que dire de plus… Peut-être que ce petit billet vous aura donné envie d’en savoir plus sur le Procédé 136. Du moins plus que je n’en sais… et que ça vous aura donné envie d’aller chiner des pochettes procédé 136 sur les brocantes ou chez les disquaires d’occasion…
P.-S. : Il existe un procédé de soudure à l’arc nommé Procédé 136. Ils n’ont, on s’en doute bien, rien à voir l’un avec l’autre.
(et très oublié)
procédé d’impression
Panchroma Procédé 136
Voici quelques jours, c’était la Fête de la musique, alors ça m’a donné l’idée de ce billet. On aime la musique ou on ne l’aime pas, enfin disons plutôt, on apprécie d’écouter de la musique ou on ne la supporte pas. Personnellement je la supporte assez bien mais je ne la recherche pas plus que cela. Ce qui ne m’empêche pas d’avoir des disques 78 tours (et le gramophone qui va avec), des disques vinyles et des CD, et les outils qui vont avec. Je peux donc m’emmusiquer les oreilles quand je le veux. Mais je ne suis pas un spécialiste. Je ne saurais pas faire la différence, à l’audition les yeux bandés, entre un enregistrement vinyle et un enregistrement CD du même morceau par les mêmes interprètes. C’est comme ça. On n’est pas parfait. Moi, ma spécialité, c’est les procédés d’impression. Et justement, je vais vous parler d’un procédé d’impression plutôt curieux qu’on ne retrouve (à ma connaissance) que sur des pochettes de vinyles. Le Procédé 136 (c’est son nom), Panchroma (c’est son prénom).
De quoi il retourne ? Comment expliquer ? En gros, c’est un procédé un peu comme le pochoir (mais ce n’en est pas) qui consiste à colorier une image en noir, imprimée dans un procédé classique, en l’occurence ici, de l’offset, à l’aide de couleurs transparentes, comme des sortes de gels, qui créent un relief. Ce procédé d’origine française (pour une fois) qui date des années 1950 a sûrement été à l’origine d’un dépôt de brevet mais les archives en ligne de l’INPI ne descendent pas — ou pas encore — à une date aussi proche de nous, donc impasse pour trouver des détails au sujet de son fonctionnement. On ne peut qu’être réduit à des hypothèses qui selon toute probabilité pourraient se retrouver fausses… Alors on va éviter d’en faire, et de se la péter et disant des trucs genre : « Moi, je sais, ça se fait comme ça ! » en bombant le torse. Pas envie qu’on me rabatte mon caquet et qu’on le piétine sauvagement quand il est à terre.
Le Procédé 136 n’a été pratiqué que par une seule imprimerie parisienne, l’imprimerie J. Marx et Compagnie, sise au 4, impasse de la Félicité dans le 15e arrondissement. C’est donc J. Marx (ou la personne qui se cache derrière ce nom de société) qui en est l’inventeur et le praticien. Elle s’est spécialisée dans l’impression de pochettes de disques. Peut-être imprime-t-elle autre chose mais nous n’en avons pas trace. L’imprimerie J. Marx cesse ses activités en décembre 1959. Elle est reprise dès janvier 1960, à la même adresse, par Jean Colombet qui pratique à son tour le Procédé 136. L’imprimerie fermera définitivement ses portes le 25 décembre 1984.
Quelques exemples maintenant pour illustrer le propos. On va le voir, c’est assez kitsch.

On commence par le moins spectaculaire. Une pochette dont on a trouvé l’image sur le Net. Ici la face avant.

La face arrière.
— On passe maintenant à notre collection particulière.

Quand je parlais de kitsch à l’instant, on en voit un petit exemple ici. Une impression offset en noir et argent, avec les 6 couleurs « gel » du Procédé 136 par dessus. Un vinyle de 25 cm.

C’est au verso que l’on trouve l’indication de l’imprimeur, et du procédé.

Agrandissement de la signature de l’imprimeur.

Détail en prise de vue rasante.

Jazz Sebastien Bach par les Swingle singers. Seuls les petits rectangles sont en Procédé 136. Vinyle de 30 cm.

Jazz Sebastien Bach par les Swingle singers. Le verso de la pochette.

Jazz Sebastien Bach par les Swingle singers. Agrandissement de la signature de l’imprimeur, version 1.

Jazz Sebastien Bach par les Swingle singers. Agrandissement de la signature de l’imprimeur, version 2. On a affaire ici à deux éditions différentes de la pochette. L’une collection personnelle, l’autre trouvée sur le Net.

Jazz Sebastien Bach par les Swingle singers. Détail en prise de vue rasante.

8 valses de Strauss. Collection personnelle. Vinyle de 25 cm.

8 valses de Strauss. Trouvé sur le Net. On s’aperçoit aisément, aux couleurs qui ne sont pas identiques, qu’on a affaire à deux éditions différentes de la pochette. On constate aussi que les ajouts au procédé 136 ont exactement la même forme, ce qui veut dire que les « matrices » du Procédé 136 créées pour la première édition ont été conservées pour des éditions suivantes. Mais on ne sait pas pour autant de quelle nature sont ces « matrices ».

8 valses de Strauss. Collection personnelle. Le verso de la pochette.

8 valses de Strauss. Le verso de la pochette de l’exemplaire du Net. On constate qu’on a bien affaire à deux éditions différentes.

8 valses de Strauss. Agrandissement de la signature de l’imprimeur.

8 valses de Strauss. Détail en prise de vue rasante.

8 valses de Strauss. Détail en prise de vue rasante.

8 valses de Strauss. Détail en prise de vue rasante.

12 valses de Strauss. Réédition du vinyle des valses de Strauss, avec quatre valses supplémentaires. Le disque n’est plus un 25 cm mais un 30 cm. Les « matrices » Procédé 136 de cette version 30 cm sont évidemment différentes de celles de la version 25 cm.

12 valses de Strauss. C’est Colombet qui a imprimé cette version augmentée des valses de Strauss. Signe qu’il n’y avait pas solution de continuité entre les deux imprimeurs.
Que dire de plus… Peut-être que ce petit billet vous aura donné envie d’en savoir plus sur le Procédé 136. Du moins plus que je n’en sais… et que ça vous aura donné envie d’aller chiner des pochettes procédé 136 sur les brocantes ou chez les disquaires d’occasion…
P.-S. : Il existe un procédé de soudure à l’arc nommé Procédé 136. Ils n’ont, on s’en doute bien, rien à voir l’un avec l’autre.
L’homme au coin
10 pages,
format 8,5 x 8,5 cm.
tirage à environ 30 exemplaires en typographie au plomb.
Thomas Braun
des fromages
8 pages,
format 11,2 x 9 cm.
tirage à 131 exemplaires en typographie.
CLS
Un volumen,
79 cm de long, 17,5 cm de haut.
tirage à 10 exemplaires en linogravure.
Marie-Rose de France
26 petits textes en proses poétique. Vignettes de CLS.
tirage à 120 exemplaires en typographie au plomb.
... pour ceux qui auraient la flemme de chercher.
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Fornax éditeur 18, route de Coizard, 51230 Bannes – France