En passant :   Les aveugles ont les livres en braille. Concevoir un livre en langue des signes pour les sourds.   Soulignac
Les petits derniers...

L’homme au coin
La vie...

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10 pages,
format 8,5 x 8,5 cm.
tirage à environ 30 exemplaires en typographie au plomb.
H. C.

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Thomas Braun
La Bénédiction
des fromages

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8 pages,
format 11,2 x 9 cm.
tirage à 131 exemplaires en typographie.
30 €

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CLS
A pas feutrés

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Un volumen,
79 cm de long, 17,5 cm de haut.
tirage à 10 exemplaires en linogravure.
250 €

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Marie-Rose de France
Dits

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26 petits textes en proses poétique. Vignettes de CLS.
tirage à 120 exemplaires en typographie au plomb.
60 €

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Le livre commenté

Marie-Rose de France
Dits

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36 p., format 10 x 14 cm.
composé et imprimé en
typographie au plomb
Tirage à 120 exemplaires.
60 €

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Soufflet  -  par cls

Un clystère typographique,
le soufflet à casses

Ah, ma brave dame ! Ah, mon bon monsieur ! Quelle horrible chose que la poussière ! Elle est partout, elle s’insinue partout, elle se dépose sur tout et surtout, elle salit tout ! Qui ne rêve pas — du plus petit au plus grand, du plus célèbre au plus obscur, du plus jeune au plus vieux, du plus progressiste au plus conservateur, du plus masculin à la plus féminine — qui ne rêve pas d’un monde sans poussière ? Ah, bien sûr, femmes et hommes de ménage vont y trouver à redire car elle est au cœur de leur travail, cette poussière, mais ces bipèdes travailleurs de tous sexes et de toutes origines sont minorité et nos sociétés absurdes nous ont convaincu qu’il faut négliger les minorités. Alors négligeons, négligeons, même à contre-cœur… et rêvons à un monde sans poussière. Rêvons, oui, rêvons mais point trop longtemps car, hélas, il y a loin du rêve à la réalité. Et, quand nous ouvrons à nouveau nos yeux (nous les avions fermés pour rêver) et que nous jetons un regard circulaire autour de nous, nous ne voyons que la poussière, envahissante, insinuante, salissante… Triste constat, amère désillusion…

« Poussière, poussière, toujours accumulée ! » aurait pu dire Paul Valéry s’il n’avait été obsédé que par la mer. Car cette poussière est bien plus obsédante, et bien plus dangereuse que la mer. Bien plus dangereuse, même, que la guerre — cette ineptie humaine — car la poussière n’en finit jamais alors que la guerre s’ingénie toujours à en finir un jour, ne serait-ce que par manque de combattants ou de ressources financières.

La guerre contre la poussière — Heu, guerre est un mot ici un peu fort, allez, disons : la lutte, et n’en parlons plus — la lutte contre la poussière est une lutte sans fin qui touche tous les individus de tous les milieux, de toutes les sociétés, des plus stupides (comme la Société des Adorateurs du mou de veau) aux plus prestigieuses (comme la Société des Amis de la mer de Paul Valéry). Les bipèdes ordinaires (et même extraordinaires) ont toujours su se doter d’outils de lutte contre la poussière. Tous les bipèdes. Ainsi, avec moult précautions ils se rendent dans des lieux idoines (quincailleries, grands magasins) pour se procurer contre une part non négligeable de leurs salaires : balais brosse ou de coco, plumeaux, chiffons électrostatiques, wassingues, aspirateurs de tous poils et, leur outil de prédilection en main, ils entrent en lutte…

Les typos et les typotes quittent leurs p’tits pots (de vin) et leurs tea pots (avec citron et lait) pour lutter contre la poussière qui envahit leurs casses et qui leur salit les doigts. « Déjà — disent-ils ou disent-elles — que le plomb propre salit les mains, alors… quand le plomb est poussiéreux, c’est intolérable ! » Ils empoignent alors le soufflet à casses qui ressemble si fort à un clystère utilisés par nos arrières-grands-oncles et de nos arrières-grandes-tantes du temps que Molière était encore en vie…

Cassetin après cassetin, typos et typotes confondus soufflent pour chasser la poussière afin de libérer la casse de l’emprise de la poussière. Les esprits chagrins diront, avec une moue caustique et un petit rire énervant : « À quoi cela peut-il bien servir ? La poussière soufflée finit toujours par retomber dans la casse quand elle ne s’insinue pas dans les poumons du souffleur, c’est ridicule et inutile ! » Peut-être, peut-on leur répondre, mais il suffit de se placer hors de l’atelier par temps de léger vent, et la poussière s’envole ailleurs, sur les draps de la lavandière, par exemple, qui vient juste de les étendre sur un fil… La casse ainsi dépoussiérée peut alors trouver de nouveau place dans l’atelier.

Cette pratique typographique, qui a un peu perdu de son actualité, peut encore, de nos jours, être illustrée de quelques images explicatives. Ouvrons nos yeux et souvenons-nous :

Soufflet-1.jpg
Ah, zut ! une casse poussiéreuse…

Soufflet-2.jpg
Vite, le soufflet à casses !

Soufflet-3.jpg
L’extrémité du soufflet qui peut entrer dans chaque cassetin, même les plus étroits.

Soufflet-4.jpg
Introduction dans un cassetin, actionnement du piston du soufflet (comme une pompe à vélo).

Soufflet-5.jpg
Le soufflet souffle…

Soufflet-6.jpg
La poussière s’envole…

Soufflet.gif
Le mouvement du soufflage en continu…

La casse dépoussiérée est une casse de 50 cm de large. La plus petite dimension de casse. Cela pour prouver que le soufflet peut être utilisé sur tous les types et toutes les dimensions de casses. Maintenant, je vais chercher l’aspirateur pour me débarrasser de toute cette poussière qui s’est déposée dans l’atelier…

Publié le 13/07/2026 @ 20:53   Haut
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