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est un éditeur artisan établi en Champagne (dans le petit village de Bannes)
qui a aussi eu pendant 26 ans un atelier en Île de France (dans le petit village de Paris),
mais ne l'a plus.
L'atelier de Bannes.
Je crains bien d’être obligé de vous infliger cette semaine la punition que j’avais prévue pour vous la semaine passée. Un truc de casse qui ne casse pas des briques (enfin, ce n’est pas si mal, réflexion faite). Mais c’est moins bien que ce que j’avais prévu de faire. Pour cela, il aurait fallu que je mette la main sur un satané document qui s’est si bien planqué dans ma documentation technique que je n’ai pas encore réussi à le débusquer. J’enrage mais je ne désarme pas. J’espère bien que tout sera arrangé pour le billet prochain. J’espère… espère… père… ère…
En me promenant sur Intermouettes (je sais : il aurait mieux valu que je me promènes dans la campagne, c’est plus hygiénique), je suis tombé sur une image qui m’a fait soulever un sourcil. Un seul. Intrigué, le sourcil. C’était sur un célèbre site de vente en ligne d’objets d’occasion (pas celui dont le nom commence par un e).
L’image en question était une photo, celle d’une casse parisienne bien remplie et mise en vente. Des casses pleines, j’en ai une foultitude, je n’en cherche donc pas. Enfin… si se présentait un très beau caractère dont j’aurais envie, en bon état, pas trop cher, peut-être que… mais là, non !
Cette casse parisienne est une casse de la pédagogie Freinet. Plutôt de petite taille, elle est aisément reconnaissable parce qu’elle est dotée d’un couvercle qui empêche que les caractères se mélangent si l’on a le malheur de la faire tomber. Les casses parisiennes utilisées ordinairement par les typographes professionnels ou amateurs n’ont pas de couvercle.
Voici la casse fermée avec son couvercle.

Le couvercle se retire en le faisant glisser vers la droite grâce à des rainures pratiquées sur les côtés supérieurs et inférieurs. J’ai fait, voici quelques temps déjà, un petit article sur les casses Freinet, →ici. On y trouve, tout en bas, une photo des trois types de casses Freinet, la parisienne est la plus grande des trois, son couvercle presque tiré. Plus haut, dans le texte, j’affirme (et vous avez toutes raisons de me croire) que Freinet avait radicalement changé la disposition de la casse qu’il proposait aux enfants de son école. En effet, la disposition traditionnelle de la casse parisienne (à quelques menues variations près) est celle-ci :
![Casse parisienne du constructeur Berthier, 1893. [01]-1893-Berthier-parisienne.jpg](photo/casses/[01]-1893-Berthier-parisienne.jpg)
… alors que la disposition de la casse Freinet est celle-là :
![La casse parisienne de Freinet [03]-Freinet-CasseParisienne.jpg](photo/casses/[03]-Freinet-CasseParisienne.jpg)
Ce changement de disposition des lettres dans la casse correspondrait, de nos jours, à un changement de disposition des lettres du clavier de l’ordurateur. Pas facile de s’y soumettre si l’on a commencé à pratiquer avec la disposition traditionnelle mais cela ne pose aucun problème si l’on débute son apprentissage avec cette disposition. Ce qui était le cas dans la pédagogie Freinet.
La casse trouvée sur le site de vente en ligne, elle, ne respecte aucune des deux dispositions, même si elle a quelques points communs avec la disposition Freinet. Qu’on en juge :

Il est toutefois plus facile de réordonner les lettres dans une casse pour leur affecter la disposition qu’on souhaite, que de changer l’ordre des touches d’un clavier. Comme quoi, je ne le répéterai jamais assez, la typo au plomb, c’est beaucoup plus simple que l’informe éthique et ses outils. Aussi simple que de jouer du violon, comme le disait grand papa Vox. Ou du piano, si vous n’aimez pas le violon… je ne suis pas regardant.
Je crains bien d’être obligé de vous infliger cette semaine la punition que j’avais prévue pour vous la semaine passée. Un truc de casse qui ne casse pas des briques (enfin, ce n’est pas si mal, réflexion faite). Mais c’est moins bien que ce que j’avais prévu de faire. Pour cela, il aurait fallu que je mette la main sur un satané document qui s’est si bien planqué dans ma documentation technique que je n’ai pas encore réussi à le débusquer. J’enrage mais je ne désarme pas. J’espère bien que tout sera arrangé pour le billet prochain. J’espère… espère… père… ère…
En me promenant sur Intermouettes (je sais : il aurait mieux valu que je me promènes dans la campagne, c’est plus hygiénique), je suis tombé sur une image qui m’a fait soulever un sourcil. Un seul. Intrigué, le sourcil. C’était sur un célèbre site de vente en ligne d’objets d’occasion (pas celui dont le nom commence par un e).
L’image en question était une photo, celle d’une casse parisienne bien remplie et mise en vente. Des casses pleines, j’en ai une foultitude, je n’en cherche donc pas. Enfin… si se présentait un très beau caractère dont j’aurais envie, en bon état, pas trop cher, peut-être que… mais là, non !
Cette casse parisienne est une casse de la pédagogie Freinet. Plutôt de petite taille, elle est aisément reconnaissable parce qu’elle est dotée d’un couvercle qui empêche que les caractères se mélangent si l’on a le malheur de la faire tomber. Les casses parisiennes utilisées ordinairement par les typographes professionnels ou amateurs n’ont pas de couvercle.
Voici la casse fermée avec son couvercle.

Le couvercle se retire en le faisant glisser vers la droite grâce à des rainures pratiquées sur les côtés supérieurs et inférieurs. J’ai fait, voici quelques temps déjà, un petit article sur les casses Freinet, →ici. On y trouve, tout en bas, une photo des trois types de casses Freinet, la parisienne est la plus grande des trois, son couvercle presque tiré. Plus haut, dans le texte, j’affirme (et vous avez toutes raisons de me croire) que Freinet avait radicalement changé la disposition de la casse qu’il proposait aux enfants de son école. En effet, la disposition traditionnelle de la casse parisienne (à quelques menues variations près) est celle-ci :
![Casse parisienne du constructeur Berthier, 1893. [01]-1893-Berthier-parisienne.jpg](photo/casses/[01]-1893-Berthier-parisienne.jpg)
… alors que la disposition de la casse Freinet est celle-là :
![La casse parisienne de Freinet [03]-Freinet-CasseParisienne.jpg](photo/casses/[03]-Freinet-CasseParisienne.jpg)
Ce changement de disposition des lettres dans la casse correspondrait, de nos jours, à un changement de disposition des lettres du clavier de l’ordurateur. Pas facile de s’y soumettre si l’on a commencé à pratiquer avec la disposition traditionnelle mais cela ne pose aucun problème si l’on débute son apprentissage avec cette disposition. Ce qui était le cas dans la pédagogie Freinet.
La casse trouvée sur le site de vente en ligne, elle, ne respecte aucune des deux dispositions, même si elle a quelques points communs avec la disposition Freinet. Qu’on en juge :

Il est toutefois plus facile de réordonner les lettres dans une casse pour leur affecter la disposition qu’on souhaite, que de changer l’ordre des touches d’un clavier. Comme quoi, je ne le répéterai jamais assez, la typo au plomb, c’est beaucoup plus simple que l’informe éthique et ses outils. Aussi simple que de jouer du violon, comme le disait grand papa Vox. Ou du piano, si vous n’aimez pas le violon… je ne suis pas regardant.
(il était temps !)
Quelle que soit la périodicité des billets que l’on passe sur un blog, même lorsqu’on la réduit drastiquement comme je l’ai fait en changeant d’année, se pose toujours la question du sujet qu’on va aborder. Va-t-il être à la hauteur des attentes du lectorat ? Ne va-t-il pas provoquer son ire ou son dégoût ? Le lectorat-dégoût est ce qu’il y a de pire. Bien pis que l’ire. Incidente : « Tiens ! Si un jour — sait-on jamais — j’adopte un rat d’égout comme animal de compagnie, je l’appellerai Lecto. » Fin de l’incidente.
Donc, en me levant ce matin, je m’apprêtais à vous parler d’une casse revisitée dont j’avais trouvé les références sur le Net à provisions… mais — joie ineffable ! — une carte postale venue de l’autre bout du monde (est-ce que notre monde a un bout, étant donné qu’il est plus ou moins sphérique ?… Heu, avec cette dernière interrogation, vous avez la confirmation que je ne suis pas platiste.)… Une carte postale venue de Taïwan plus précisément qui m’offre un sujet bien plus passionnant que l’histoire de ma casse (Je vous la resservirai peut-être la semaine prochaine si je ne trouve pas mieux.) tirée de mon filet à shopping.
La carte a été envoyée par l’ami Victor Thibout (je n’ai jamais pensé à demander à Victor s’il était de la même famille que Guillaume Thiboust, éditeur, imprimeur, typographe qui produisait au milieu du 16e siècle). Si je ne sais pas grand chose au sujet de Guillaume, j’en sais un peu plus au sujet de Victor. Il est sinophone (il parle mandarin et lit et écrit le chinois), anglophone, francophone et un peu suédophone, mais surtout il s’intéresse de près à la typographie traditionnelle dans les pays asiatiques (Chine continentale, Taïwan, Japon, Corée…) et c’est à ce sujet qu’il m’a envoyé sa carte. D’ailleurs, sa carte, la voici, du moins son recto :

Comme on le constate, il s’agit de l’énumération des différents glyphes d’une police de caractères. Elle est due au typographe japonais contemporain Akira Kobayashi qui l’a créée en 2025 et l’a nommée AK Renaissance. Là, je n’étale pas ma science, c’est tout écrit dessus en bleu pâle. Akira Kobayashi a, comme tous les créateurs de caractères contemporains, créé sa fonte sur un ordinateur. Jusque là, rien de spectaculaire, rien de bien étonnant, rien que du normal en 2025 ou 2026. Mais attendez la suite !…
Kobayashi a passé sa fonte à la fonderie de caractères (plomb) taïwanaise Rixing, à Taïpei, dirigée par M. Chang Chieh-kuan. La fonderie Rixing est la dernière à fondre des caractères en chinois non simplifié.

Monsieur Chang dans une casse de chinois de sa fonderie en 2019. Chaque petit compartiment vertical contient quelques exemplaires d’un idéogramme différent. On peut constater qu’une casse de chinois est quelque peu plus volumineuse qu’une casse de français. La photo a visiblement été prise au fish-eye, ce qui explique la courbure de la casse. Pour les bipèdes dont la curiosité est insatiable et qui voudraient en savoir plus, en français par-dessus le marché, voici un lien en direction d’un article sur sa fonderie, ici.
J’ai eu la chance de rencontrer M. Chang lors d’une tournée des endroits où l’on pratiquait encore la typo plomb en Europe de l’ouest ; tournée organisée par Victor Thibout.

On le voit ici pendant le repas qui clôturait la visite de l’atelier Fornax à Bannes, visite pendant laquelle on lui a fondu son nom (en français) avec la vieille Ludlow, comme il se doit. Il est au fond. À sa gauche sur la photo, Victor Thibout, à sa droite, votre serviteur. Au premier plan à droite, Jacques Driot qui avait créé la Maison de l’Imprimerie à Rebais. Voir ici.
Mais revenons-en à notre sujet. Akira Kobayaski confie sa fonte à Chang Chieh-kuan qui, dans sa fonderie, à partir des fichiers, fabrique des matrices typographiques en cuivre de chaque glyphe à l’aide d’un pantographe spécialisé.
Les matrices ont été rapatriées au japon, à la fonderie typographique Tsukiji, à Tokyo, pour servir à une fonte, qui — entre autres impressions, on l’imagine — a servi à imprimer la carte postale envoyée par Victor Thibout. Car — tout le monde l’aura compris, sauf peut-être le seul lecteur un peu bête qui suit ce blog — la carte postale a été imprimée en typo plomb ! Oui !… en typo plomb…
Une page en anglais sur la fonderie Tsukiji, ici. Et vous aurez accès à des vidéos sur la fonderie en saisissant 東京築地活字鋳物工場 dans la barre de recherche de YouTube. Pour une fois que ce ne sera pas des vidéos de petits chats, vous allez vous culturationner…
L’essentiel des informations qui précèdent, à l’exception des liens proposés, est dû à Victor, qui me les a confiées au verso de la carte.
Que dire de plus… Tout d’abord que le dessin de cette fonte est très beau. C’est une Garalde contemporaine qui doit donner au texte composé avec elle un gris moyen très subtil. On voit sur la carte des capitales en romain, des bas de casse et des ligatures en italique. Elle est donc dupliquée romain et ital. Souhaitons que cette fonte possède aussi des lettres accentuées, ce qui pourrait lui permettre d’être utilisée par d’autres langues que l’anglais…
On peut ajouter, pour terminer, que cette technologie qui passe du numérique au plomb pourrait être à l’origine d’un regain d’intérêt pour la typo plomb. Une typographie traditionnelle qui, on le dit et on le répète à qui veut l’entendre, ne nécessite pas obligatoirement lors de sa pratique, l’usage de l’électricité, et qui — sauf pendant la fontes des caractères — n’est pas polluante (seul le bout des doigts se salit, et encore, rien qu’un bon savon ne combat efficacement) et surtout qui produit des objets pérennes dans le temps et dans l'espace (la B42 a 575 ans et se porte bien encore). Qu’en sera-t-il dans quelques siècles des disques durs qui constituent le « cloud » contemporain et qui consomment en permanence une énergie considérable ? La typographie au plomb pourrait peut-être redevenir la solution la plus simple et la plus économique pour transmettre nos écrits aux générations futures, si nous sommes suffisamment intelligent pour ne pas tout bousiller avant, bien entendu.
(il était temps !)
Quelle que soit la périodicité des billets que l’on passe sur un blog, même lorsqu’on la réduit drastiquement comme je l’ai fait en changeant d’année, se pose toujours la question du sujet qu’on va aborder. Va-t-il être à la hauteur des attentes du lectorat ? Ne va-t-il pas provoquer son ire ou son dégoût ? Le lectorat-dégoût est ce qu’il y a de pire. Bien pis que l’ire. Incidente : « Tiens ! Si un jour — sait-on jamais — j’adopte un rat d’égout comme animal de compagnie, je l’appellerai Lecto. » Fin de l’incidente.
Donc, en me levant ce matin, je m’apprêtais à vous parler d’une casse revisitée dont j’avais trouvé les références sur le Net à provisions… mais — joie ineffable ! — une carte postale venue de l’autre bout du monde (est-ce que notre monde a un bout, étant donné qu’il est plus ou moins sphérique ?… Heu, avec cette dernière interrogation, vous avez la confirmation que je ne suis pas platiste.)… Une carte postale venue de Taïwan plus précisément qui m’offre un sujet bien plus passionnant que l’histoire de ma casse (Je vous la resservirai peut-être la semaine prochaine si je ne trouve pas mieux.) tirée de mon filet à shopping.
La carte a été envoyée par l’ami Victor Thibout (je n’ai jamais pensé à demander à Victor s’il était de la même famille que Guillaume Thiboust, éditeur, imprimeur, typographe qui produisait au milieu du 16e siècle). Si je ne sais pas grand chose au sujet de Guillaume, j’en sais un peu plus au sujet de Victor. Il est sinophone (il parle mandarin et lit et écrit le chinois), anglophone, francophone et un peu suédophone, mais surtout il s’intéresse de près à la typographie traditionnelle dans les pays asiatiques (Chine continentale, Taïwan, Japon, Corée…) et c’est à ce sujet qu’il m’a envoyé sa carte. D’ailleurs, sa carte, la voici, du moins son recto :

Comme on le constate, il s’agit de l’énumération des différents glyphes d’une police de caractères. Elle est due au typographe japonais contemporain Akira Kobayashi qui l’a créée en 2025 et l’a nommée AK Renaissance. Là, je n’étale pas ma science, c’est tout écrit dessus en bleu pâle. Akira Kobayashi a, comme tous les créateurs de caractères contemporains, créé sa fonte sur un ordinateur. Jusque là, rien de spectaculaire, rien de bien étonnant, rien que du normal en 2025 ou 2026. Mais attendez la suite !…
Kobayashi a passé sa fonte à la fonderie de caractères (plomb) taïwanaise Rixing, à Taïpei, dirigée par M. Chang Chieh-kuan. La fonderie Rixing est la dernière à fondre des caractères en chinois non simplifié.

Monsieur Chang dans une casse de chinois de sa fonderie en 2019. Chaque petit compartiment vertical contient quelques exemplaires d’un idéogramme différent. On peut constater qu’une casse de chinois est quelque peu plus volumineuse qu’une casse de français. La photo a visiblement été prise au fish-eye, ce qui explique la courbure de la casse. Pour les bipèdes dont la curiosité est insatiable et qui voudraient en savoir plus, en français par-dessus le marché, voici un lien en direction d’un article sur sa fonderie, ici.
J’ai eu la chance de rencontrer M. Chang lors d’une tournée des endroits où l’on pratiquait encore la typo plomb en Europe de l’ouest ; tournée organisée par Victor Thibout.

On le voit ici pendant le repas qui clôturait la visite de l’atelier Fornax à Bannes, visite pendant laquelle on lui a fondu son nom (en français) avec la vieille Ludlow, comme il se doit. Il est au fond. À sa gauche sur la photo, Victor Thibout, à sa droite, votre serviteur. Au premier plan à droite, Jacques Driot qui avait créé la Maison de l’Imprimerie à Rebais. Voir ici.
Mais revenons-en à notre sujet. Akira Kobayaski confie sa fonte à Chang Chieh-kuan qui, dans sa fonderie, à partir des fichiers, fabrique des matrices typographiques en cuivre de chaque glyphe à l’aide d’un pantographe spécialisé.
Les matrices ont été rapatriées au japon, à la fonderie typographique Tsukiji, à Tokyo, pour servir à une fonte, qui — entre autres impressions, on l’imagine — a servi à imprimer la carte postale envoyée par Victor Thibout. Car — tout le monde l’aura compris, sauf peut-être le seul lecteur un peu bête qui suit ce blog — la carte postale a été imprimée en typo plomb ! Oui !… en typo plomb…
Une page en anglais sur la fonderie Tsukiji, ici. Et vous aurez accès à des vidéos sur la fonderie en saisissant 東京築地活字鋳物工場 dans la barre de recherche de YouTube. Pour une fois que ce ne sera pas des vidéos de petits chats, vous allez vous culturationner…
L’essentiel des informations qui précèdent, à l’exception des liens proposés, est dû à Victor, qui me les a confiées au verso de la carte.
Que dire de plus… Tout d’abord que le dessin de cette fonte est très beau. C’est une Garalde contemporaine qui doit donner au texte composé avec elle un gris moyen très subtil. On voit sur la carte des capitales en romain, des bas de casse et des ligatures en italique. Elle est donc dupliquée romain et ital. Souhaitons que cette fonte possède aussi des lettres accentuées, ce qui pourrait lui permettre d’être utilisée par d’autres langues que l’anglais…
On peut ajouter, pour terminer, que cette technologie qui passe du numérique au plomb pourrait être à l’origine d’un regain d’intérêt pour la typo plomb. Une typographie traditionnelle qui, on le dit et on le répète à qui veut l’entendre, ne nécessite pas obligatoirement lors de sa pratique, l’usage de l’électricité, et qui — sauf pendant la fontes des caractères — n’est pas polluante (seul le bout des doigts se salit, et encore, rien qu’un bon savon ne combat efficacement) et surtout qui produit des objets pérennes dans le temps et dans l'espace (la B42 a 575 ans et se porte bien encore). Qu’en sera-t-il dans quelques siècles des disques durs qui constituent le « cloud » contemporain et qui consomment en permanence une énergie considérable ? La typographie au plomb pourrait peut-être redevenir la solution la plus simple et la plus économique pour transmettre nos écrits aux générations futures, si nous sommes suffisamment intelligent pour ne pas tout bousiller avant, bien entendu.
L’homme au coin
10 pages,
format 8,5 x 8,5 cm.
tirage à environ 30 exemplaires en typographie au plomb.
Thomas Braun
des fromages
8 pages,
format 11,2 x 9 cm.
tirage à 131 exemplaires en typographie.
CLS
Un volumen,
79 cm de long, 17,5 cm de haut.
tirage à 10 exemplaires en linogravure.
Marie-Rose de France
26 petits textes en proses poétique. Vignettes de CLS.
tirage à 120 exemplaires en typographie au plomb.
... pour ceux qui auraient la flemme de chercher.
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