En passant :  Les humains grossissent en vieillissant pour oublier le squelette qui pousse en eux.  Soulignac
Vous êtes ici :   Accueil » Jean Le Mauve
 
Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la page...
Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la section...
Librairie fermée
librairie1.gif
LIBRAIRIE EN LIGNE
DE FORNAX
Suite à un grave
dysfonctionnement dans la gestion des commandes, la librairie est fermée jusqu'à nouvel ordre.
Catalogue général
Typo et alentours
Lettre d'information
Pour avoir des nouvelles de ce site, inscrivez-vous à notre Newsletter.
Captcha reload
Recopier le code :
100 Abonnés
Calendrier
rss Cet article est disponible en format standard RSS pour publication sur votre site web :
http://www.fornax.fr/data/fr-articles.xml

Visite de Jean Le Mauve

Il en est des typographes comme il en est des rats de l’homme de Château-Thierry : certains sont des villes, les autres sont des champs. Jean Le Mauve était incontestablement de la seconde catégorie. La plus rare.

Alors qu’il déclina toutes les invitations à venir me voir à Paris en bredouillant des excuses polies, mais qui voulaient dire : « Je n’ai pas envie de venir m’emmerder dans un endroit inhumain ! », il accepta, sur l’instigation de Christine Brisset, la plus impatiente des salisseuses de papier (autre catégorie rare), de passer me voir à Bannes où j’avais mon atelier, ce qui me remplit d’aise. Il faut dire que le village de Bannes, avec sa population d’agriculteurs grand teint, perdu dans les marais de Saint-Gond aujourd’hui, hélas, presque tous asséchés pour des raisons d’extension de cultures, entre craie et tourbe, matières qui rappelaient le blanc du papier et le noir de l’encre, avait tout pour lui plaire. Et puis le voyage n’était pas trop long de la Picardie à la Champagne du sud.

Laucou (à gauche), Le Mauve (à droite).
Chez Jean Le Mauve.
Laucou à gauche, pull rouge, Le Mauve à droite, clope au bec.

Je les vis donc débarquer un beau jour, l’Arbre et son Impatiente. Je ne me souviens plus de la période, c’était aux beaux jours, il me semble ; un dimanche, peut-être... Visite obligatoire de l’atelier, cela va sans dire, et discussions sur le matériel. Je montrais ma collection de vignettes et de clichés. Christine voulut, fidèle à son qualificatif, tout de suite en faire quelque chose. Et nous improvisâmes à deux un petit papillon imprimé en bleu. Jean resta à nous regarder. Sans doute pensait-il qu’il convenait de ne pas perdre son temps à de telles fariboles, que seule la poésie était digne de la typographie. Mais il n’en disait rien et souriait en nous regardant faire, du sourire d’un père devant les jeux de ses enfants.

vermicelle.jpg
Le papillon bleu,
retrouvé dans un carton à dessin...

L’après-midi arriva et je décidai de les conduire dans un endroit dont je savais à l’avance qu’il réjouirait notre homme. Une librairie-buvette perdue en pleine campagne, dans un village aussi petit que Bannes. Un lieu improbable et hétéroclite où se mêlent sur les rayonnages polars et livres de fond, originales et livres de poche, collection Harlequin et Thomas d’Aquin. Et quand on est fatigué de s’empoussiérer les doigts, on va s’asseoir dans la première pièce derrière une bière ou un jus de fruits. Pas de licence IV ici. Le libraire-bistrotier est un homme adorable et haut en couleurs. Il fut libraire à Paris, dans le 12e, puis libraire itinérant sur les marchés. Et quand il en eut marre de tout cela, il s’installa au village et ouvrit la buvette. Jean fut enchanté de la visite. Il trouva même un ou deux prol’ qu’il n’avait pas encore. Dans cet endroit improbable mais authentique, loin des fabrications de la grande ville. Jean était heureux et moi je bichais comme un pou d’avoir si bien réussi mon coup !

La librairie-buvette existe toujours. Elle est même devenue librairie-buvette-brocante. Mais ne comptez pas sur moi pour vous révéler où se trouve cet endroit magique. Je n’y conduis pas tout le monde. Et puis, cela fait partie de mon histoire avec Jean et cette histoire, je ne la partage qu’avec ceux que je choisis.

CLS
typographe des villes et des champs
juillet 2006.

Dix ans ont passé depuis l'écriture de ce souvenir. Dans le petit village de Boissy-le-Repos la librairie-buvette-brocante a disparu à la mort de Fernand qui la tenait. Je l'avais portraituré le 26 février 2005 pour mes Couples singuliers...

CLS
juillet 2016.


Date de création : 12/07/2006 @ 17:47
Dernière modification : 18/07/2011 @ 19:21
Catégorie : - Rencontres
Page lue 10278 fois


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !


Le livre de la semaine

Maurice Fourré
Une Conquête

Article sur l'ouvrage.

28 pages, format 16 x 25 cm.
composé et imprimé en
typographie au plomb
Tirage à 450 exemplaires.
16 €

(cliquer sur l'image
pour en savoir plus)

Les livres de la semaine
Les petits derniers...

Raymond Callemin
Lettre
à Arthur Mallet

frnx-259.jpg

8 pages, format 9,7 x 20 cm.
50 exemplaires.
45 €

 __________

CLS
Quasimodo
le simplet

Quasimodo

36 pages, format 14 x 14 cm.
100 exemplaires.
10 €

 __________

CLS
Un point
c'est tout

Un point c'est tout

36 pages, format 14,8 x 7 cm.
100 exemplaires.
5 €

(cliquer sur les images
pour en savoir plus)

Gratuit


Quelques pages de ce site à visiter pour se divertir ou se « cultiver » :

Cartes de vœux

Poésie alimentaire

Couples singuliers

Les Hirondelles
de Bannes

Laucou à la radio


... pour ceux qui auraient la flemme de chercher.

Visites

 1501041 visiteurs

 50 visiteurs en ligne

Fornax éditeur – 18, route de Coizard, 51230 Bannes ––  37 bis, rue de Montreuil 75011 Paris – France