Page en cours de chargement
L’homme au coin
10 pages,
format 8,5 x 8,5 cm.
tirage à environ 30 exemplaires en typographie au plomb.
Thomas Braun
des fromages
8 pages,
format 11,2 x 9 cm.
tirage à 131 exemplaires en typographie.
CLS
Un volumen,
79 cm de long, 17,5 cm de haut.
tirage à 10 exemplaires en linogravure.
Marie-Rose de France
26 petits textes en proses poétique. Vignettes de CLS.
tirage à 120 exemplaires en typographie au plomb.
(vidéos)

Auteurs

Chronologique

Des barbares...
... pour ceux qui auraient la flemme de chercher.

Bibliotératologie

Casses

Divertissements

Fin-de-Siècle

Fourneau et Fornax

Impressions

Typographie
13011413 visiteurs
110 visiteurs en ligne
Typo pour débutants - par cls
ou Comment justifier son composteur
Ce petit billet s’adresse à ceusses et celles que la typographie traditionnelle au plomb (mobile) intéresse ; ceusses et celles qui voudraient la pratiquer mais qui ne savent pas trop par où commencer. Car faut bien commencer un jour si l’on veut se lancer dans une activité quelconque, et faut bien intégrer les notions de base dès ce début, comme ça on n’a plus à y revenir, c’est assimilé et on peut passer à plus complexe ou plus intéressant.
On part du principe, quand même, que l’attrape-science à qui s’adresse ce billet (oui, même toi, au fond, l’hurluberlu qui fait semblant de ne pas écouter…), sait ce qu’est un composteur, une interligne, un lingot ou garniture, une casse parisienne ou non, et un cadratin… et qu’il a plus qu’une vague idée de la réalité des choses qui sa cachent derrière ces mots.
Allez, on commence. Lorqu’on veut composer un texte à la main, en typo traditionnelle, il faut user de l’instrument indispensable à toute composition : le composteur. C’est dans le composteur que l’on crée le texte en assemblant un à un les petits blocs de plomb porteurs d’une lettre, d’un signe ou d’un blanc qui vont former les lignes du texte. Mais ces lignes ont une longueur déterminée et il faut régler le composteur à cette longueur, une bonne fois pour toutes tant que la composition du texte n’est pas achevée. Il existe plusieurs méthodes pour régler le composteur. Employons un vocabulaire plus professionnel : il existe plusieurs méthodes pour justifier le composteur. On va les voir toutes, du moins toutes celles qu’on connaît (s’il en existe d’autres encore oncques on ne nous les a apprises), dans notre ordre de préférence.

On prend en main un composteur, le premier que l’on trouve si l’on en a plusieurs, ou le plus adapté à la composition que l’on souhaite réaliser ; le seul que l’on a si l’on n’en possède qu’un et on en libère la partie mobile afin qu’elle puisse coulisser. Ici on a affaire à un composteur à levier en aluminium. Il en existe d’autres en maillechort (plus solides) ou en fer (qui peuvent rouiller). Et d’autres encore dont le système de blocage est à vis. Celui-ci est en aluminium, à levier, et léger. C’est son droit.
Justification à l’arrache

On prend un paquet d’interlignes, peu importe le nombre exact, de la longueur souhaitée (ici, des interlignes de 15 douzes) et on le place dans le composteur contre sa partie fixe. On rapproche la partie mobile pour serrer le paquet d’interlignes. On serre bien, et on abaisse le levier pour bloquer la justification.

Le tour est joué, il ne reste plus qu’à sortir les interlignes et à commencer la composition. Cette méthode a l’inconvénient d’être peu précise, surtout si les interlignes n’ont pas été coupées à une dimension très exacte ce qui est souvent le cas. Elle a l’avantage toutefois d’être rapide.
Justification à l’ancienne

Il faut disposer d’une casse de caractères de corps 12 dont le cassetin des cadratins est bien rempli. Si la casse de corps 12 n’a pas suffisamment de cadratins pour procéder à la justification, on peut se débrouiller autrement. On va voir ça plus bas.
|
interlude Un petit rappel, surtout pour çui là-bas au fond qui fait semblant de dormir, sur les mesures en typographie traditionnelle. Les mesures typographiques de longueur encore en usage de nos jours en typographie traditionnelle (ou typographie au plomb) sont illégales en France depuis le 21 janvier 1983 où l’Afnor (Association française de normalisation) a décrété que l’unité de mesure légale en typographie était le millimètre. Elle avait légalisé auparavant — le 26 décembre 1978 — le point Didot (du nom de son inventeur) comme unité de mesure en typographie. Se rendant compte de sa bévue, elle revint sur sa décision quelques années plus tard car le point Didot né des mesures de l’Ancien Régime (le pouce royal) n’était en rien lié au mètre, seule unité de mesure légale pour la longueur dans le système international (SI). Le mètre fait même partie des quatre mesures fondamentales du système : mètre, kilogramme, seconde, Ampère. C’est en point Didot (un point équivaut à 0,373 mm) qu’est conçu et réalisé le matériel typographique traditionnel encore de nos jours, du moins en Europe qui a globalement adopté le point Didot. Le monde typographique anglo-saxon a, lui, depuis le 19e siècle, adopté le point pica plus ou moins dérivé du pouce impérial anglais. Ce qui fait qu’en France, depuis la décision de l’Afnor du 21 janvier 1983, tous les typographes traditionnels sont dans l’illégalité la plus totale et s’en réjouissent. Vive la rébellion, vive le point Didot ! Le multiple du point Didot s’appelle le cicéro ou le douze, et il vaut 12 points Didot, d’où le second de ses deux noms. |
Les justifications des lignes, sauf dans des cas très particuliers, se font sur un nombre entier de douzes. Dans une casse de corps 12, les cadratins mesurent 1 douze de haut (le corps) et 1 douze de large (la chasse) on peut donc les utiliser pour justifier un composteur.

Il suffit d’en assembler le nombre choisi pour obtenir la justification. Pour une justification de 15 douzes, on en assemblera donc 15.

Les 15 cadratins sont placés dans le composteur…

… il suffit alors de rapprocher la mâchoire mobile pour les serrer, et de descendre le levier pour bloquer la justification. Mais il se peut qu’on ne dispose pas de suffisamment de cadratins pour procéder à la justification. Qu’à cela ne tienne. On utilise alors des m en les couchant sur le côté et l’on procède de même.
Justification à l’aide de lingots
Les lingots (ou garnitures) qui servent à créer les marges autour des pavés de texte sont fondus de manière très précise. Ils sont fondus naturellement en douzes en largeur (1, 2, 3, 4, 6, 8, 10 douzes) et sont coupés à la scie tout aussi précisément en longueur (4, 5, 6, 7, 8, 10, 12, 15, 20, 25, 30, 35, 40, 45, 50, 60 douzes). Pour justifier le composteur, on placera les lingots en se servant de leurs largeur (on choisira une longueur qui entre dans le composteur sans déborder). Si l’on en possède, les lingots en aluminium sont à préférer. Ils ne se déforment pas s’ils ont le malheur de tomber par terre et ne risquent donc pas de fausser la justification du composteur.

Pour justifier sur 15 douzes, dans le cas présent, on a pris des lingots de 7 douzes de hauteur pour qu’ils ne dépassent pas du composteur. 3 lingots de 4 douzes de largeur et 1 lingot de 3 douzes de largeur (4 + 4 + 4 + 3 = 15).

On rapproche la mâchoire mobile, on serre, et on bloque avec le levier. Ne reste plus qu’à ranger les lingots dans le lingotier.

Une variante de cette méthode consiste à introduire un petit morceau de papier ordinaire 80 g entre deux lingots. La justification est ainsi imperceptiblement plus grande. Cela permet, lorsqu’on serre une forme d’impression utilisant des interlignes qui ne sont pas toutes à la bonne dimension, de serrer sur les lignes de caractères et non pas sur les interlignes qui seraient un peu trop longues.
C’est fini, les trois méthodes sont exposées. À apprendre par cœur. Interrogation écrite la semaine prochaine, bandes d’arpètes, bandes d’attrape-science !
Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !
Tératologie livresque
Typo rurale
Typo des rues
Typo des bois
Proverbes
Pratique éditoriale
Pratique typographique
Typo pour débutants
Post-concours
Outils
Nouvelles internes
Nouvelles externes
Mes maîtres
Livre
Lieux de convivialité
La photo du jour...
Impressions
Impression
Fourneau-Fornax
Contes et nouvelles
Concours
Bibliophilie
Art
Amis
Alphabet
Fornax éditeur 18, route de Coizard, 51230 Bannes – France