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Fornax éditeur

est un éditeur artisan établi en Champagne (dans le petit village de Bannes)
qui a aussi eu pendant 26 ans un atelier en Île de France (dans le petit village de Paris),
mais ne l'a plus.

 
L'atelier de Bannes
L'atelier de Bannes

L'atelier de Bannes.

 

 Fornax n'édite que de la littérature – illustrée ou non d'estampes – suivant les goûts et humeurs de Christian Laucou qui préside à ses destinées. Ceux-ci le portent (sans exclusive) vers la littérature contemporaine et celle qu'il appelle « de l'entre deux guerres » (comprendre entre 1870 et 1914).

 Christian Laucou, typographe traditionnel au plomb et imprimeur, conçoit tous les livres de Fornax et en imprime la quasi totalité. Il est aussi imprimeur à façon en typographie et pédagogue. On trouvera toutes les informations au sujet de ces deux activités sur son site professionnel : cls-typo.

 Plumitif discret, il lui arrive aussi de commettre de la littérature ; il prend alors le nom de Christian Soulignac ou signe CLS afin de séparer l'activité littéraire de l'activité éditoriale. Il tient plus ou moins régulièrement un blog orienté typographie, principalement la « typo des rues ». On en trouve les derniers billets ci-dessous.

Les 2 derniers billets
Congruence  -  par cls

La congruence du Congre

Parfois, pas toujours, car il arrive que des parfois soient plus fréquents que certains autres parfois qui sont beaucoup plus rares ; parfois donc il arrive qu’en tentant l’approche d’un sujet, on s’en éloigne. Si, si, ça arrive ! On croit le cerner mais on s’en éloigne alors qu’on veut l’étudier de près. D’aucuns, chafouins et critiques (je les sens venir avec leurs gros godillots), vont me rétorquer que pour cerner quoi que ce soit — un sujet ou tout autre artéfact — il faut être plusieurs, des plusieurs bien armés de toutes leurs cultures intellectuelles, biologiques ou polluantes afin que, se voyant cerné de toutes parts, le sujet (ou l’artéfact) se rende bon gré mal gré parce qu’il sait qu’il n’a plus aucune échappatoire. Vaincu, il lui arrive même de se déshabiller tout seul sans qu’on lui demande afin qu’on l’étudie in naturalibus. Ce n’est pas faux, le coup du plusieurs, mais si le sujet est minuscule, on peut le circonvenir tout seul avec ses deux bras en rond. C’est ce que je m’apprête à faire car mon sujet n’est pas bien gros… quoique… enfin on verra.

Le congre. Est-ce congru de parler du congre ? A-t-on le droit de faire état de la congruence du congre ? Non, bien sûr ! La congruence ne s’applique pas au singulier mais au pluriel. Oublions donc l’individualisme forcené et venons-en aux congres. Déjà, on se sent plus à l’aise. On n’est plus tout seul. On n’est plus isolé. E pluribus unum comme disent les insulaires de l’autre côté de l’Atlantique. On va dans la bonne direction. Laquelle ? Peu importe. C’est forcément la bonne puisque c’est celle qu’on suit.

Le premier savant ayant sérieusement étudié les congres n’était pas naturaliste, non madame. Pas plus qu’il n’était anthropologue, non mademoiselle. Et encore moins halieuticien, non monsieur. Il était typographe et graphiste ce qui, avouons-le, a nettement plus de classe, scientifiquement parlant. L’ouvrage majeur de ce grand et modeste érudit s’intitule Le Guide typographique exemplaire.

Guide1.jpg
La couverture du précieux Guide.

La modestie de ce grand savant se manifeste de manière évidente puisqu’il ne nous révèle pas son nom. Il va falloir chercher dans un autre ouvrage pour tenter de le découvrir.

Celebration1.jpg
La couverture de la Célébration de la lettre.

Et, nouvelle preuve de sa modestie, s’il en est encore besoin de l’affirmer, ce nom ne se trouve pas encore sur la couverture du second ouvrage cité par le premier. C’est seulement sur la page de titre qu’il est nous est enfin révélé : Raymond Gid.

Celebration2.jpg
La page de titre de la Célébration de la lettre.

Raymond Gid était un personnage si tant impressionnant pour le quasi débutant que j’étais que j’ai hésité à lui demander (voici fort fort longtemps) de postfacer un ouvrage que j’avais en cours. J’ai eu le bonheur de le voir accéder à ma requête.

Poliphile1.jpg
La page de titre du Songe d’un typophile.

Poliphile2.jpg
Titre de la postface.

Poliphile3.jpg
La postface de Raymond Gid.

Mais revenons-en au Guide typographique exemplaire. C’est dans les pages de cet indispensable ouvrage que l’on trouve la première étude sérieuse sur les Congres. On y apprend qu’ils évoluent dans une société monarchique et que le roi des Congres vit avec sa cour (la cour des Congres) dans un palais fastueux, le palais des Congres.

Guide2.jpg
Double page de l'étude sur les Congres.

En marge de ce palais a été construit un centre qui abrite toutes les manifestations artistiques et culturelles du royaume.

CentreCongres.jpg
Le célèbre Centre des Congres.

Un centre fort apprécié par les touristes de tous les pays avoisinants, attirés par l’énergie des forces vives du royaume. De plus, tout a été fait pour favoriser le confort de ces visiteurs choyés, ainsi qu’on peut le voir sur ce document tiré d’une brochure de l’Office de tourisme congréen.

ParkingCongres.jpg
Vers le parking du Centre des Congres.

Parmi les forces vives évoquées, les plus vives et les plus littéraires, se sont regroupées pour pratiquer en commun le rite congru de la poésie. Périodiquement, ils abreuvent le peuple vulgaire des belles productions ébulliformes de leur art consommé sans aucune modération. Leur but — avouvable entre tous — est de hausser le vulgaire dont ils ont pitié (sans jamais accepter de l’avouer car un but secret et inavoué est beaucoup plus facile à atteindre) au rang de lecteur voyant, voire, dans les meilleurs cas, de proto-poète.

La revue où les poètes congrus distillent leur élixir de vie s’intitule tout simplement Congre, du nom du beau pays qui les a vu naître. Elle se dote pour l’instant de deux forts et copieux volumes. Le troisième est sous presse. Car pour un Congre congru le sacerdoce ne peut se terminer tant que l’ensemble des vulgaires n’a pas été haussé…

Congre1&2.jpg
Les deux volumes de poésie congrue.

J’ai la grande joie maintenant de vous partager les tentatives de reconstitution des jacquettocouvertures des deux numéros parus.

Congre1.jpg
Congre 1, jacquettocouverture.

Congre2.jpg
Congre 2, jacquettocouverture.

Plenipotentiaire.jpg
Plénipotentiaire pris sur le vif.

… Ainsi que le portrait pris sur le vif, par l’un de nos reporters-photographes, du ministre congru et plénipotentiaire chargé des relations avec les républiques limitrophes, ici en visite auprès des représentants de la commune libre du Fourneau bannat.

La congruence du Congre

Parfois, pas toujours, car il arrive que des parfois soient plus fréquents que certains autres parfois qui sont beaucoup plus rares ; parfois donc il arrive qu’en tentant l’approche d’un sujet, on s’en éloigne. Si, si, ça arrive ! On croit le cerner mais on s’en éloigne alors qu’on veut l’étudier de près. D’aucuns, chafouins et critiques (je les sens venir avec leurs gros godillots), vont me rétorquer que pour cerner quoi que ce soit — un sujet ou tout autre artéfact — il faut être plusieurs, des plusieurs bien armés de toutes leurs cultures intellectuelles, biologiques ou polluantes afin que, se voyant cerné de toutes parts, le sujet (ou l’artéfact) se rende bon gré mal gré parce qu’il sait qu’il n’a plus aucune échappatoire. Vaincu, il lui arrive même de se déshabiller tout seul sans qu’on lui demande afin qu’on l’étudie in naturalibus. Ce n’est pas faux, le coup du plusieurs, mais si le sujet est minuscule, on peut le circonvenir tout seul avec ses deux bras en rond. C’est ce que je m’apprête à faire car mon sujet n’est pas bien gros… quoique… enfin on verra.

Le congre. Est-ce congru de parler du congre ? A-t-on le droit de faire état de la congruence du congre ? Non, bien sûr ! La congruence ne s’applique pas au singulier mais au pluriel. Oublions donc l’individualisme forcené et venons-en aux congres. Déjà, on se sent plus à l’aise. On n’est plus tout seul. On n’est plus isolé. E pluribus unum comme disent les insulaires de l’autre côté de l’Atlantique. On va dans la bonne direction. Laquelle ? Peu importe. C’est forcément la bonne puisque c’est celle qu’on suit.

Le premier savant ayant sérieusement étudié les congres n’était pas naturaliste, non madame. Pas plus qu’il n’était anthropologue, non mademoiselle. Et encore moins halieuticien, non monsieur. Il était typographe et graphiste ce qui, avouons-le, a nettement plus de classe, scientifiquement parlant. L’ouvrage majeur de ce grand et modeste érudit s’intitule Le Guide typographique exemplaire.

Guide1.jpg
La couverture du précieux Guide.

La modestie de ce grand savant se manifeste de manière évidente puisqu’il ne nous révèle pas son nom. Il va falloir chercher dans un autre ouvrage pour tenter de le découvrir.

Celebration1.jpg
La couverture de la Célébration de la lettre.

Et, nouvelle preuve de sa modestie, s’il en est encore besoin de l’affirmer, ce nom ne se trouve pas encore sur la couverture du second ouvrage cité par le premier. C’est seulement sur la page de titre qu’il est nous est enfin révélé : Raymond Gid.

Celebration2.jpg
La page de titre de la Célébration de la lettre.

Raymond Gid était un personnage si tant impressionnant pour le quasi débutant que j’étais que j’ai hésité à lui demander (voici fort fort longtemps) de postfacer un ouvrage que j’avais en cours. J’ai eu le bonheur de le voir accéder à ma requête.

Poliphile1.jpg
La page de titre du Songe d’un typophile.

Poliphile2.jpg
Titre de la postface.

Poliphile3.jpg
La postface de Raymond Gid.

Mais revenons-en au Guide typographique exemplaire. C’est dans les pages de cet indispensable ouvrage que l’on trouve la première étude sérieuse sur les Congres. On y apprend qu’ils évoluent dans une société monarchique et que le roi des Congres vit avec sa cour (la cour des Congres) dans un palais fastueux, le palais des Congres.

Guide2.jpg
Double page de l'étude sur les Congres.

En marge de ce palais a été construit un centre qui abrite toutes les manifestations artistiques et culturelles du royaume.

CentreCongres.jpg
Le célèbre Centre des Congres.

Un centre fort apprécié par les touristes de tous les pays avoisinants, attirés par l’énergie des forces vives du royaume. De plus, tout a été fait pour favoriser le confort de ces visiteurs choyés, ainsi qu’on peut le voir sur ce document tiré d’une brochure de l’Office de tourisme congréen.

ParkingCongres.jpg
Vers le parking du Centre des Congres.

Parmi les forces vives évoquées, les plus vives et les plus littéraires, se sont regroupées pour pratiquer en commun le rite congru de la poésie. Périodiquement, ils abreuvent le peuple vulgaire des belles productions ébulliformes de leur art consommé sans aucune modération. Leur but — avouvable entre tous — est de hausser le vulgaire dont ils ont pitié (sans jamais accepter de l’avouer car un but secret et inavoué est beaucoup plus facile à atteindre) au rang de lecteur voyant, voire, dans les meilleurs cas, de proto-poète.

La revue où les poètes congrus distillent leur élixir de vie s’intitule tout simplement Congre, du nom du beau pays qui les a vu naître. Elle se dote pour l’instant de deux forts et copieux volumes. Le troisième est sous presse. Car pour un Congre congru le sacerdoce ne peut se terminer tant que l’ensemble des vulgaires n’a pas été haussé…

Congre1&2.jpg
Les deux volumes de poésie congrue.

J’ai la grande joie maintenant de vous partager les tentatives de reconstitution des jacquettocouvertures des deux numéros parus.

Congre1.jpg
Congre 1, jacquettocouverture.

Congre2.jpg
Congre 2, jacquettocouverture.

Plenipotentiaire.jpg
Plénipotentiaire pris sur le vif.

… Ainsi que le portrait pris sur le vif, par l’un de nos reporters-photographes, du ministre congru et plénipotentiaire chargé des relations avec les républiques limitrophes, ici en visite auprès des représentants de la commune libre du Fourneau bannat.

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Publié le 25/05/2026 @ 19:52  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
Un oublié de Thomas Narcejac  -  par cls

Sur les traces d’un éditeur,
petite histoire de mise en lumière polarisée

(méthodologie de recherches)

Il arrive parfois, lorsqu’on fréquente les brocantes parce qu’on aime cela, qu’on revienne dépité chez soi, n’ayant rien trouvé, du moins n’ayant rien vu qui suscite l’intérêt, ou l’émoi, de la trouvaille. Alors, pour éviter ce sentiment de légère frustration (très légère, n’exagérons rien), il arrive qu’on s’arrête à un petit quelque chose qui paraît insignifiant, bon marché, presque inutile mais suffisamment discret pour ne pas être encombré, une fois de retour chez soi, de cet achat par dépit.

Voici peu ce fut le cas. Retour at home une mince brochure en main. un minuscule polar payé 50 centimes. Polar certes, mais signé tout de même Thomas Narcejac. Lecture rapide et amusante. L’auteur a un incontestable — et incontesté — talent. Au lieu, lecture faite, de ranger la brochure sur un rayonnage de la bibliothèque à polars, fantastiques et SF divers, la déformation professionnelle en moi s’est manifestée…

Pas de nom d’éditeur sur la brochure, pas de date… Pas de perte de place inutile non plus. Une brochure agrafée (une agrafe) de 20 pages au format 10,5 x 13,5 cm, à la couverture de même mauvais papier que le reste de l’ouvrage, avec le texte qui commence au verso de la couverture et qui se termine à la 20e page, des marges presque insignifiantes, un registre plus qu’approximatif… on n’a visiblement pas affaire là à un ouvrage de grande bibliophilie. Mais il intrigue. Qui est l’éditeur ? Quand a-t-il été publié ? Y a-t-il eu d’autres ouvrages dans la même collection ? Qu’allait faire Thomas Narcejac dans cette galère ?

Quand on a comme moi le démon de la curiosité, et qu’on n’est pas le pire des chercheurs qui soit, on cherche… Mais avant de narrer le déroulement de la recherche, dans ma grande bonté qui n’a d’égale que mon indomptable courage [tambours qui roulent, trompettes qui sonnent], je vous offre in extenso l’objet de la recherche afin que vous puissiez juger sur pièce. Vous allez ainsi économiser les 50 centimes de mon achat et les heures harassantes de fouilles dans des lieux incertains parmi des étals hétéroclites d’objets poussiéreux… et vous allez, par là même, économiser aussi l’eau et le savon nécessaires pour vous laver les mains.

Couv-Narcejac.jpg
Cliquer pour feuilleter et lire

Comme vous pouvez le constater, si vous avez eu le soin de cliquer sur la couverture pour lire ce passionnant ouvrage, aucune indication éditoriale, aucune indication de provenance, aucune indication de date. Seule la grébiche (la petite ligne en bas de la dernière page, sous le filet) nous permet d’apprendre que la brochure a été imprimée par les Ateliers d’Impression Sainte-Anne, à Paris. Mince avancée. C’est alors que je me suis souvenu qu’Internet n’était pas toujours qu’un immense outil pour perdre du temps et faire gagner de l’argent à bien plus riche que moi. J’ai lancé une recherche comme un naufragé sa bouteille à la mer (Question : quelle solution reste à un naufragé s’il n’a aucune bouteille à mettre à la mer ou s’il s’est échoué sur le septième continent constitué de toutes les bouteilles en matière plastique jetées à la mer par les orduriers et les inconsistants inconscients ?)

Ma bouteille a touché les côtes du bon pays, un pays où l’on connaissait l’existence de ma trouvaille bien avant que je ne l’acquière. Et ce fut mon point de départ. Ouf, j’étais sauvé ! Mes sauveurs étaient là et se nommaient : →Herbulot & Zigomar. Herbulot questionne Narcejac qui ne se souvient de rien et Zigomar montre la couverture de son exemplaire de la brochure, accompagnée d’une feuille volante que mon exemplaire ne possède pas. Ce qui change tout.

Papillon.jpg

Comme le texte est un peu petit sur l’image reproduite, j’ai pitié pour vos yeux. Ma grandeur d’âme va jusqu’à vous en saisir le texte :

À nos Lecteurs,
En publiant notre collection « LES ROMANS DE POCHE FRANÇAIS », nous désirons
mettre à la portée de tous des ouvrages de QUALITÉ.
Leurs auteurs appartiennent à la meilleure classe de nos écrivains.
Nous vous
RESPECTONS trop pour vous offrir des œuvres médiocres sous prétexte qu’elles sont « BON MARCHÉ ».
Dites-nous si vous appréciez notre effort.
Merci.

Éditions O. D. C.
10, rue de Rome, PARIS (8e)

La feuille volante nous apprend deux choses capitales : le nom de l’éditeur et son adresse. Ne me reste plus, malin comme je suis, qu’à interroger les bons interlocuteurs (le catalogue de la BNF, le CCFr, Gallica) au sujet des éditions O. D. C., et le tour sera joué. Passage à l’acte et… et rien du tout ! O. D. C. connais pas ! Déception grave qui provoque un état mi-colérique mi-évanouissementiel. Preque déprime. Va falloir arranger tout ça fissa fissa ! Histoire de me calmer les nerfs, je vais faire un tour et au retour du tour, à tout hasard, je fais une recherche autour du 10, rue de Rome (unique objet de mon ressentiment !) Mon sang ne fait qu’un tour quand, après lecture d’un nombre certain de pages galliquesques sans intérêt, qui ne me menaient à rien, je tombe sur ça :

1947-AnnuaireDeLAssociationAmicaleDesAnciensElevesDeLEcoleCentrale.jpg
Page de l’Annuaire de l’Association amicale
des anciens éleves de l’École Centrale, pour 1947

Donc, un ancien centralien, Daniel Plouvier, était, en 1947, imprimeur de son état et aussi éditeur sous le nom (un peu curieux, il faut le dire) de Les Ordres de Chevalerie. Les initiales de Les Ordres de Chevalerie ne seraient-elles pas O. D. C. par hasard ? Si fait, mon bon Monsieur ! Si fait. J’avais trouvé. Ne restait plus qu’à dérouler la bobine contenue dans ma bouteille à la mer (?!) maintenant que j’avais saisi l’extrémité du fil. Facile.

Quelques traces bien visibles des éditions Les Ordres de Chevalerie traînent dans quelques publications périodiques des années 1945 à 1947. Essentiellement des insertions publicitaires de l’éditeur. Peu de comptes rendus des livres publiés. Voici quelques exemples des insertions passées :

1945-02-24-LOrdre.jpg
L’Ordre, 24 février 1945.

1945-08-10-LeConcoursMedical.jpg
Le Concours médical, 10 août 1945.

1945-11-30-Concorde-HebdomadaireRepublicainPolitique&Litteraire.jpg
Concorde, hebdomadaire républicain, politique et littéraire, 30 novembre 1945.

1946-02-14-PointDeVue-1.jpg
Point de vue, 14 février 1946.

Au sujet de la revue Point de vue, la page où a été insérée l’annonce précédente mérite qu’on s’y arrête, bien qu’elle n’ait rien à voir avec notre présente affaire. La voici :

1946-02-14-Point_de_vue-2.jpg
Point de vue, 14 février 1946, page entière.

On voit donc, sur cette page, la photographie d’une jolie jeune femme point trop habillée. « Oui — va-t-on me dire — c’est parce que tu es un vieux libidineux que tu t’intéresses à ça ! » Non, pas tout à fait. C’est à cause du commentaire de la photo. Je vous en laisse juge (et arrêtez donc de me tutoyer, on n’a pas gardé les Yorkshire Middle White ensemble) :

[...] Aussi célèbre mais autrement plus sympathique a été l’invention de la pin-up girl, et ce terme qui désigne la photo d’une jolie fille est maintenant aussi courant que « chewing gum ».
Les photographes américains qui ont créé la pin-up girl ont ainsi répandu dans le monde entier l’image des plus jolies filles de leur pays. Mais les plus belles du monde sont en France et c’est une jeune fille française que présente point de vue.

Inutile de commenter ce commentaire, je suppose… Revenons-en à nos Ordres de Chevalerie. Il semble bien que cette modeste maison d’édition n’ait pas survécu à l’année 1950, comme en témoigne son catalogue complet, du moins celui glané à la Bibliothèque nationale de France. Le CCFr n’a rien apporté de plus.

Bibliographie des éditions Les Ordres de Chevalerie

1. Tony de Vibraye, Avec mon groupe de reconnaissance, août 1939-août 1940. Préface du général Robillot. 1943.

2. Albert Marchon, Comme un rêve au printemps. 1945.

3. Wilkie Collins, Contes étranges, première série qui comprend : Prescience de Nathaniel Hawthorne ; La Catastrophe de Mr Higginbotham de Charles Dickens ; Histoire de l’oncle du commis-voyageur de R. H. Barham ; Le Spectre de Tappington de Nathaniel Hawthorne ; Le Jeune Maître Brown de Walter Scott ; Le Récit de Willie le vagabond par Walter Scott. Traductions de Jules Castier, Dandon Bokanowski, Marie Canavaggia et Jeanne Fournier-Pargoire. 1945.

4. Georges Pillet et Georges Craonelle, Inventaire économique de la France. 1945-1950.

5. Emmanuel Bourcier, La Mort a passé dans la maison, roman. 1945.

6. George Delamare, Voici les libres propos de George Delamare, radiodiffusion française, chaîne parisienne. 1945-1946.

7. Raymond Baranton, Les Amants de Cahors, roman improvisé. 1946.

8. Jean Dugrenot, Fresnes, aquarelles de Jean Dugrenot. 1946.

9. George Tisset, Guide pratique du chasseur. 1946.

10. Camille Foll, Relais de misère. Présentation de M. le commandant Raverdy. Illustrations de Jean Dugrenot. 1946.

11. [Jean Dumont], Le Rhin, Nil de l’occident. Contribution à l’étude d’une organisation de l’Europe de l’Ouest. Textes de l’amiral Pierre Barjot, MM. Karl Burckhardt, Jean-Marie Carré, Jean Chardonnet, Anton Van Duinkerden, Eugen Ewin, André François-Poncet, etc. 1946.

12. Ernest Feydeau, Fanny. Précédé de Histoire et fortune de Fanny par Jacques Crépet. Lithographies originales de Grau-Sala. 1947.

13. René Desmazes (général), Saint-Cyr, son histoire, ses gloires, ses leçons. Préface de Jérôme et Jean Tharaud. Illustrations d’Albert Brenet. 1948.

14. Perles et joyaux de la Bible. Textes et lectures bibliques pour chaque jour de l’année. Avant-propos de G. Bertrand-Vigne. 1950.

__________
 

Mais alors… mais alors ! Qu’en est-il de La treizième enquête de Pétrus Clam ? On ne peut que supposer que notre cher édieur-imprimeur Daniel Plouvier n’a pas cru bon de faire son dépôt légal (sous peine d’embastillement à vie et de confiscation de tous les biens) pour une bricole aussi insignifiante. Nous apprenons, en conséquence, que cette nouvelle collection de brochures policières à bon marché n’a pas eu le succès escompté et qu’elle s’est arrêtée à son numéro 1.

Quelques renseignements complémentaires au sujet de Daniel Plouvier. La justification de tirage de Fresnes, le recueil d’illustrations de Jean Dugrenot, nous apprend qu’il était imprimeur phototypiste, ce qui n’était plus trop courant à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Pour les non-spécialistes qui auraient le bon goût de fréquenter ce blog, signalons que la phototypie est un procédé d’impression qui permet de multiplier (en nombre limité) des images en demi-teintes ou en couleur sans avoir besoin de passer par l’intermédiaire d’une trame. Cette technique a connu son heure de gloire entre la fin du 19e siècle et le début du 20e, essentiellement dans l’édition de cartes postales.

1946-06--Fresnes-impPlouvier.jpg
Justification de tirage de Fresnes, exemplaire de la BNF.

Un autre titre des éditions Les Ordres de Chevalerie, Comme un rêve au printemps d’Albert Marchon nous présente, sur deux pages, les « publications du même éditeur », avec les publications effectuées, certes, mais aussi avec les projets en cours.

ODC-catalogue-1.jpg
Du même éditeur, in Comme un rêve au printemps.

ODC-catalogue-2.jpg
Du même éditeur, in Comme un rêve au printemps.

Après 1950, les éditions Les Ordres de Chevalerie disparaissent. Mais à la même adresse du 10, rue de Rome à Paris naît, dans le même temps, une autre maison d’édition : Jean Chitry & Cie , éditeur. Sans doute que, pour une raison que j’ignore, Daniel Plouvier a passé la main à un successeur.

1950-06-15-Les_Nouvelles_littéraires_artistiques_et_scientifiques.jpg
Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques, 15 juin 1950.

Revenons un instant, pour conclure, sur Thomas Narcejac sans son Pierre Boileau de complice. Les deux détectives privés de la nouvelle épistolaire La treizième enquête de Pétrus Clam, Jacques (dit Pétrus) et Louis, sont les héros d’une autre aventure, en 1948, dans le roman La Nuit des angoisses publié par la S.E.P.E. dans sa collection Le Labyrinthe. C’est même dans ce roman qu’ils fondent leur agence. On peut donc supposer que la nouvelle est postérieure au roman et qu’elle date de 1948 ou de 1949. N’ayant pas lu la totalité de l’œuvre de Narcejac tout seul, je ne sais pas si les deux détectives privés ont vécu d’autres enquêtes. Disons que pour moi — à l’heure où j’écris ces lignes —, si je compte bien, il y a encore onze enquêtes à découvrir. Un assez gros boulot en perspective, donc… si elles ont existé.

LaNuitDesAngoisses.jpg
La nuit des angoisses, 1948.

Sur les traces d’un éditeur,
petite histoire de mise en lumière polarisée

(méthodologie de recherches)

Il arrive parfois, lorsqu’on fréquente les brocantes parce qu’on aime cela, qu’on revienne dépité chez soi, n’ayant rien trouvé, du moins n’ayant rien vu qui suscite l’intérêt, ou l’émoi, de la trouvaille. Alors, pour éviter ce sentiment de légère frustration (très légère, n’exagérons rien), il arrive qu’on s’arrête à un petit quelque chose qui paraît insignifiant, bon marché, presque inutile mais suffisamment discret pour ne pas être encombré, une fois de retour chez soi, de cet achat par dépit.

Voici peu ce fut le cas. Retour at home une mince brochure en main. un minuscule polar payé 50 centimes. Polar certes, mais signé tout de même Thomas Narcejac. Lecture rapide et amusante. L’auteur a un incontestable — et incontesté — talent. Au lieu, lecture faite, de ranger la brochure sur un rayonnage de la bibliothèque à polars, fantastiques et SF divers, la déformation professionnelle en moi s’est manifestée…

Pas de nom d’éditeur sur la brochure, pas de date… Pas de perte de place inutile non plus. Une brochure agrafée (une agrafe) de 20 pages au format 10,5 x 13,5 cm, à la couverture de même mauvais papier que le reste de l’ouvrage, avec le texte qui commence au verso de la couverture et qui se termine à la 20e page, des marges presque insignifiantes, un registre plus qu’approximatif… on n’a visiblement pas affaire là à un ouvrage de grande bibliophilie. Mais il intrigue. Qui est l’éditeur ? Quand a-t-il été publié ? Y a-t-il eu d’autres ouvrages dans la même collection ? Qu’allait faire Thomas Narcejac dans cette galère ?

Quand on a comme moi le démon de la curiosité, et qu’on n’est pas le pire des chercheurs qui soit, on cherche… Mais avant de narrer le déroulement de la recherche, dans ma grande bonté qui n’a d’égale que mon indomptable courage [tambours qui roulent, trompettes qui sonnent], je vous offre in extenso l’objet de la recherche afin que vous puissiez juger sur pièce. Vous allez ainsi économiser les 50 centimes de mon achat et les heures harassantes de fouilles dans des lieux incertains parmi des étals hétéroclites d’objets poussiéreux… et vous allez, par là même, économiser aussi l’eau et le savon nécessaires pour vous laver les mains.

Couv-Narcejac.jpg
Cliquer pour feuilleter et lire

Comme vous pouvez le constater, si vous avez eu le soin de cliquer sur la couverture pour lire ce passionnant ouvrage, aucune indication éditoriale, aucune indication de provenance, aucune indication de date. Seule la grébiche (la petite ligne en bas de la dernière page, sous le filet) nous permet d’apprendre que la brochure a été imprimée par les Ateliers d’Impression Sainte-Anne, à Paris. Mince avancée. C’est alors que je me suis souvenu qu’Internet n’était pas toujours qu’un immense outil pour perdre du temps et faire gagner de l’argent à bien plus riche que moi. J’ai lancé une recherche comme un naufragé sa bouteille à la mer (Question : quelle solution reste à un naufragé s’il n’a aucune bouteille à mettre à la mer ou s’il s’est échoué sur le septième continent constitué de toutes les bouteilles en matière plastique jetées à la mer par les orduriers et les inconsistants inconscients ?)

Ma bouteille a touché les côtes du bon pays, un pays où l’on connaissait l’existence de ma trouvaille bien avant que je ne l’acquière. Et ce fut mon point de départ. Ouf, j’étais sauvé ! Mes sauveurs étaient là et se nommaient : →Herbulot & Zigomar. Herbulot questionne Narcejac qui ne se souvient de rien et Zigomar montre la couverture de son exemplaire de la brochure, accompagnée d’une feuille volante que mon exemplaire ne possède pas. Ce qui change tout.

Papillon.jpg

Comme le texte est un peu petit sur l’image reproduite, j’ai pitié pour vos yeux. Ma grandeur d’âme va jusqu’à vous en saisir le texte :

À nos Lecteurs,
En publiant notre collection « LES ROMANS DE POCHE FRANÇAIS », nous désirons
mettre à la portée de tous des ouvrages de QUALITÉ.
Leurs auteurs appartiennent à la meilleure classe de nos écrivains.
Nous vous
RESPECTONS trop pour vous offrir des œuvres médiocres sous prétexte qu’elles sont « BON MARCHÉ ».
Dites-nous si vous appréciez notre effort.
Merci.

Éditions O. D. C.
10, rue de Rome, PARIS (8e)

La feuille volante nous apprend deux choses capitales : le nom de l’éditeur et son adresse. Ne me reste plus, malin comme je suis, qu’à interroger les bons interlocuteurs (le catalogue de la BNF, le CCFr, Gallica) au sujet des éditions O. D. C., et le tour sera joué. Passage à l’acte et… et rien du tout ! O. D. C. connais pas ! Déception grave qui provoque un état mi-colérique mi-évanouissementiel. Preque déprime. Va falloir arranger tout ça fissa fissa ! Histoire de me calmer les nerfs, je vais faire un tour et au retour du tour, à tout hasard, je fais une recherche autour du 10, rue de Rome (unique objet de mon ressentiment !) Mon sang ne fait qu’un tour quand, après lecture d’un nombre certain de pages galliquesques sans intérêt, qui ne me menaient à rien, je tombe sur ça :

1947-AnnuaireDeLAssociationAmicaleDesAnciensElevesDeLEcoleCentrale.jpg
Page de l’Annuaire de l’Association amicale
des anciens éleves de l’École Centrale, pour 1947

Donc, un ancien centralien, Daniel Plouvier, était, en 1947, imprimeur de son état et aussi éditeur sous le nom (un peu curieux, il faut le dire) de Les Ordres de Chevalerie. Les initiales de Les Ordres de Chevalerie ne seraient-elles pas O. D. C. par hasard ? Si fait, mon bon Monsieur ! Si fait. J’avais trouvé. Ne restait plus qu’à dérouler la bobine contenue dans ma bouteille à la mer (?!) maintenant que j’avais saisi l’extrémité du fil. Facile.

Quelques traces bien visibles des éditions Les Ordres de Chevalerie traînent dans quelques publications périodiques des années 1945 à 1947. Essentiellement des insertions publicitaires de l’éditeur. Peu de comptes rendus des livres publiés. Voici quelques exemples des insertions passées :

1945-02-24-LOrdre.jpg
L’Ordre, 24 février 1945.

1945-08-10-LeConcoursMedical.jpg
Le Concours médical, 10 août 1945.

1945-11-30-Concorde-HebdomadaireRepublicainPolitique&Litteraire.jpg
Concorde, hebdomadaire républicain, politique et littéraire, 30 novembre 1945.

1946-02-14-PointDeVue-1.jpg
Point de vue, 14 février 1946.

Au sujet de la revue Point de vue, la page où a été insérée l’annonce précédente mérite qu’on s’y arrête, bien qu’elle n’ait rien à voir avec notre présente affaire. La voici :

1946-02-14-Point_de_vue-2.jpg
Point de vue, 14 février 1946, page entière.

On voit donc, sur cette page, la photographie d’une jolie jeune femme point trop habillée. « Oui — va-t-on me dire — c’est parce que tu es un vieux libidineux que tu t’intéresses à ça ! » Non, pas tout à fait. C’est à cause du commentaire de la photo. Je vous en laisse juge (et arrêtez donc de me tutoyer, on n’a pas gardé les Yorkshire Middle White ensemble) :

[...] Aussi célèbre mais autrement plus sympathique a été l’invention de la pin-up girl, et ce terme qui désigne la photo d’une jolie fille est maintenant aussi courant que « chewing gum ».
Les photographes américains qui ont créé la pin-up girl ont ainsi répandu dans le monde entier l’image des plus jolies filles de leur pays. Mais les plus belles du monde sont en France et c’est une jeune fille française que présente point de vue.

Inutile de commenter ce commentaire, je suppose… Revenons-en à nos Ordres de Chevalerie. Il semble bien que cette modeste maison d’édition n’ait pas survécu à l’année 1950, comme en témoigne son catalogue complet, du moins celui glané à la Bibliothèque nationale de France. Le CCFr n’a rien apporté de plus.

Bibliographie des éditions Les Ordres de Chevalerie

1. Tony de Vibraye, Avec mon groupe de reconnaissance, août 1939-août 1940. Préface du général Robillot. 1943.

2. Albert Marchon, Comme un rêve au printemps. 1945.

3. Wilkie Collins, Contes étranges, première série qui comprend : Prescience de Nathaniel Hawthorne ; La Catastrophe de Mr Higginbotham de Charles Dickens ; Histoire de l’oncle du commis-voyageur de R. H. Barham ; Le Spectre de Tappington de Nathaniel Hawthorne ; Le Jeune Maître Brown de Walter Scott ; Le Récit de Willie le vagabond par Walter Scott. Traductions de Jules Castier, Dandon Bokanowski, Marie Canavaggia et Jeanne Fournier-Pargoire. 1945.

4. Georges Pillet et Georges Craonelle, Inventaire économique de la France. 1945-1950.

5. Emmanuel Bourcier, La Mort a passé dans la maison, roman. 1945.

6. George Delamare, Voici les libres propos de George Delamare, radiodiffusion française, chaîne parisienne. 1945-1946.

7. Raymond Baranton, Les Amants de Cahors, roman improvisé. 1946.

8. Jean Dugrenot, Fresnes, aquarelles de Jean Dugrenot. 1946.

9. George Tisset, Guide pratique du chasseur. 1946.

10. Camille Foll, Relais de misère. Présentation de M. le commandant Raverdy. Illustrations de Jean Dugrenot. 1946.

11. [Jean Dumont], Le Rhin, Nil de l’occident. Contribution à l’étude d’une organisation de l’Europe de l’Ouest. Textes de l’amiral Pierre Barjot, MM. Karl Burckhardt, Jean-Marie Carré, Jean Chardonnet, Anton Van Duinkerden, Eugen Ewin, André François-Poncet, etc. 1946.

12. Ernest Feydeau, Fanny. Précédé de Histoire et fortune de Fanny par Jacques Crépet. Lithographies originales de Grau-Sala. 1947.

13. René Desmazes (général), Saint-Cyr, son histoire, ses gloires, ses leçons. Préface de Jérôme et Jean Tharaud. Illustrations d’Albert Brenet. 1948.

14. Perles et joyaux de la Bible. Textes et lectures bibliques pour chaque jour de l’année. Avant-propos de G. Bertrand-Vigne. 1950.

__________
 

Mais alors… mais alors ! Qu’en est-il de La treizième enquête de Pétrus Clam ? On ne peut que supposer que notre cher édieur-imprimeur Daniel Plouvier n’a pas cru bon de faire son dépôt légal (sous peine d’embastillement à vie et de confiscation de tous les biens) pour une bricole aussi insignifiante. Nous apprenons, en conséquence, que cette nouvelle collection de brochures policières à bon marché n’a pas eu le succès escompté et qu’elle s’est arrêtée à son numéro 1.

Quelques renseignements complémentaires au sujet de Daniel Plouvier. La justification de tirage de Fresnes, le recueil d’illustrations de Jean Dugrenot, nous apprend qu’il était imprimeur phototypiste, ce qui n’était plus trop courant à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Pour les non-spécialistes qui auraient le bon goût de fréquenter ce blog, signalons que la phototypie est un procédé d’impression qui permet de multiplier (en nombre limité) des images en demi-teintes ou en couleur sans avoir besoin de passer par l’intermédiaire d’une trame. Cette technique a connu son heure de gloire entre la fin du 19e siècle et le début du 20e, essentiellement dans l’édition de cartes postales.

1946-06--Fresnes-impPlouvier.jpg
Justification de tirage de Fresnes, exemplaire de la BNF.

Un autre titre des éditions Les Ordres de Chevalerie, Comme un rêve au printemps d’Albert Marchon nous présente, sur deux pages, les « publications du même éditeur », avec les publications effectuées, certes, mais aussi avec les projets en cours.

ODC-catalogue-1.jpg
Du même éditeur, in Comme un rêve au printemps.

ODC-catalogue-2.jpg
Du même éditeur, in Comme un rêve au printemps.

Après 1950, les éditions Les Ordres de Chevalerie disparaissent. Mais à la même adresse du 10, rue de Rome à Paris naît, dans le même temps, une autre maison d’édition : Jean Chitry & Cie , éditeur. Sans doute que, pour une raison que j’ignore, Daniel Plouvier a passé la main à un successeur.

1950-06-15-Les_Nouvelles_littéraires_artistiques_et_scientifiques.jpg
Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques, 15 juin 1950.

Revenons un instant, pour conclure, sur Thomas Narcejac sans son Pierre Boileau de complice. Les deux détectives privés de la nouvelle épistolaire La treizième enquête de Pétrus Clam, Jacques (dit Pétrus) et Louis, sont les héros d’une autre aventure, en 1948, dans le roman La Nuit des angoisses publié par la S.E.P.E. dans sa collection Le Labyrinthe. C’est même dans ce roman qu’ils fondent leur agence. On peut donc supposer que la nouvelle est postérieure au roman et qu’elle date de 1948 ou de 1949. N’ayant pas lu la totalité de l’œuvre de Narcejac tout seul, je ne sais pas si les deux détectives privés ont vécu d’autres enquêtes. Disons que pour moi — à l’heure où j’écris ces lignes —, si je compte bien, il y a encore onze enquêtes à découvrir. Un assez gros boulot en perspective, donc… si elles ont existé.

LaNuitDesAngoisses.jpg
La nuit des angoisses, 1948.

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Publié le 18/05/2026 @ 12:15  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
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